En juin 2023, notre journaliste William Hamelin s’était penché sur l’ambition qu’avaient les membres du club sportif de flag football de l’UdeM d’intégrer un jour le programme de sport d’excellence. « Ce serait un honneur et un rêve de pouvoir en faire partie » lui avait confié la centre offensive Mathilde Renaud, alors finissante au baccalauréat en psychologie.
Aujourd’hui, Mathilde est toujours étudiante en psychologie, désormais au doctorat, et joue toujours au flag football, mais au niveau sport d’excellence. En effet, depuis la rentrée de septembre, son équipe a intégré la grande et convoitée famille des Carabins. Entre-temps l’équipe de Quartier Libre s’est renouvelée, et la nouvelle venue Frédérique Lapointe s’empare donc du sujet dans le présent numéro avec le reportage « Une nouvelle ère s’amorce pour le flag football à l’Université de Montréal » (p. 6-7). Entre progression, stabilité et renouvellement, cette situation illustre bien la réalité du monde universitaire.
Quiconque a déjà tenté de faire sa place dans le monde des médias sait déjà que celui-ci est un sport de combat. Plus j’y pense, plus je suis tentée de faire le rapprochement avec le sport d’excellence, au sein duquel les ambitions sont grandes et demandent de l’endurance, tant sur le plan humain que financier.
Dans le présent numéro, Quartier Libre aborde d’ailleurs la nouvelle stratégie financière du Centre d’éducation physique et des sports de l’Université de Montréal (CEPSUM) et de son programme de sport d’excellence des Carabins (p.5). Bien qu’il soit emblématique de l’UdeM, il reste vulnérable aux fluctuations budgétaires et pose désormais la première pierre d’un modèle de financement qui devrait davantage assurer sa pérennité.
Un modèle de financement pérenne, c’est justement ce après quoi courent les médias depuis maintenant des années. Force est de constater qu’ils courent moins vite que les athlètes du CEPSUM. Pour filer la métaphore sportive, disons que le saut d’obstacle ou le slalom s’appliquent davantage à une carrière journalistique.
Dans notre équipe comme dans celles des Carabins, les coups durs surviennent. Par exemple, avec la fermeture de deux équipes du programme de sport d’excellence. Le reportage « Les Carabins disent au revoir à deux de leurs équipes » (p. 8-9) donne davantage d’explications sur ces adieux forcés.
Le présent édito n’a toutefois pas pour vocation de déplorer une nouvelle fois les diverses difficultés auxquelles le journalisme est confronté. Il souhaite plutôt saluer la résilience et l’inventivité de tous·tes les lutteur·euse·s qui ont persévéré, même quand la partie semblait perdue. Ils nous ont passé le relais, et peut-être arriverons-nous à la ligne d’arrivée.
À quand une équipe de journalistes-Carabins ?