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Le Département prend son 4%

Le Département a fait valoir sa position polarisante à la communauté universitaire dans un communiqué envoyé le 12 septembre dernier par courriel aux étudiants inscrits en communication, puis partagé sur sa page Facebook. « Il a été porté à l’attention de l’Assemblée au mois de mai dernier les problèmes liés à des comportements abusifs et sexistes dans le cadre des activités de sélection pour la délégation de l’UdeM des Jeux de la communication », indique le directeur du programme, Thierry Bardini. Il précise que la position du Département est de combattre un problème décelé dans la culture des Jeux et dont le scandale de l’UQO n’est qu’un symptôme.

Au début du mois de septembre, la photo d’une liste d’épreuves émise par la chefferie des Jeux de la communication à l’UQO a fait le tour du Web pour sa teneur dégradante et sexiste. Selon le chef de délégation de l’UdeM pour l’année 2017 et étudiant au baccalauréat en communication et politique, Anthony Bissonnette, cette situation est inadmissible. « Il y a une volonté de la part du comité organisateur, note-t-il. Dès le début du mandat, tous les chefs de délégation des universités se sont rencontrés. Nous nous sommes dit que nous repartions sur de nouvelles bases. On pensait qu’on avait tous adhéré à ces valeurs-là. »

Montrer l’exemple

De fait, les chefs de l’UdeM ont entamé dès leur élection en avril dernier l’élaboration d’une charte et d’un code d’éthique. « On a entendu des rumeurs de ce qui s’était passé les années antérieures, mais il n’y a eu aucune plainte formelle à la délégation, fait valoir Anthony. Nous avons décidé de ne pas porter de jugement sur les rumeurs. » L’équipe a ainsi décidé de travailler en amont sur ce dossier. L’étudiant insiste sur l’importance de la campagne Sans oui, c’est non ! au sein de son code.

Cette action valide cependant certains soupçons des professeurs du Département de communication. « Que les chefs aient décidé dès le mois d’avril de se doter d’un code d’éthique renforce bien l’idée qu’il y avait un problème, remarque M. Bardini. Notre décision est basée sur le fait qu’on ne change pas une culture par décret, du jour au lendemain. »

Cette position a été votée le 9 septembre dernier lors de la première assemblée départementale de l’année 2016-2017, à laquelle une représentante de l’Association des étudiants et étudiantes en communication de l’UdeM (AECUM) a été conviée en tant que partie commanditaire de la délégation pour dresser l’état des lieux. Les chefs de l’équipe locale des Jeux de la communication n’ont cependant pas été inclus dans ce processus administratif. « On ne peut pas dire qu’on ne comprend pas le Département dans leur décision, affirme Anthony. Ce qui nous laisse interdits, c’est qu’on n’ait pas pu leur montrer que l’on avait déjà posé des gestes. Notre travail est de leur montrer que l’on met un point final aux situations qui peuvent potentiellement arriver. »

Un soutien moral

Bien que la somme investie par le Département de communication s’élève à 4 % du montant budgété par la délégation (1 000 $ sur 25 000 $), la décision de se retirer de la liste des commanditaires peut avoir une incidence importante sur la participation étudiante. « Si je ne connaissais personne qui a fait les Jeux, j’aurais probablement écouté mon Département », indique le diplômé en communication et politique et participant aux Jeux de la communication pour l’UdeM de 2013 à 2016 Philippe Asselin.

Chef de délégation en 2015, Philippe indique n’avoir jamais vu ou entendu parler d’histoires méritant une position aussi sévère de la part du Département de communication. « En 2014, l’association étudiante avait émis quelques commentaires à propos de la chanson de la délégation, se rappelle-t-il. Par contre, cette histoire est restée morte dans l’oeuf. » Il concède que certaines fêtes arrosées ont pu entacher la réputation des Jeux précédemment, mais qu’il n’y a jamais eu aucun événement de l’ampleur de ceux de l’UQO.

Thierry Bardini assume néanmoins la décision de son Département. « Ça pourrait donner lieu à une suspension des Jeux pour une année si les commanditaires institutionnels s’en vont tous, commente-t-il. Par contre, c’est peut-être nécessaire pour refonder la chose sur de meilleures bases. » La chefferie de la délégation présentera son code d’éthique ainsi que son budget et sa charte en assemblée départementale au début du mois d’octobre. De leur côté, les associations étudiantes de communication et politique, de communication ainsi que l’AGEEFEP ont réitéré leur soutien moral et financier aux chefs de la délégation 2017.

Parmi les commanditaires institutionnels des différentes délégations universitaires, l’Association générale des étudiants de l’UQO a également suspendu son financement pour les Jeux de 2017.

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