L’Université de Montréal a annoncé un don d’un million de dollars le 12 septembre dernier, lors d’un match de football entre les Carabins et le Rouge et Or de l’Université Laval. Crédit photo : James Hajjar - Courtoisie Carabins

Le CEPSUM et les Carabins revoient leur modèle de financement

L’Université de Montréal a reçu un don corporatif d’un million de dollars pour le financement du sport d’excellence. Cette somme constitue le premier acte de la nouvelle stratégie financière du Centre d’éducation physique et des sports de l’Université de Montréal (CEPSUM) et des Carabins, qui devrait les mettre à l’abri des incertitudes budgétaires.

Le 12 septembre dernier, les Carabins ont annoncé un don d’un million de dollars de la part de la société de gestion de placement indépendante Fiera Capital. «C’est un don transformateur», affirme la directrice générale du CEPSUM et des Carabins, Manon Simard. Transformateur, car il constitue la première pierre d’une stratégie d’investissement à moyen et à long terme, fondée sur la création d’un fonds de dotation. 

La direction des Carabins pourra utiliser ce don, destiné au programme de sport d’excellence, en fonction de ses priorités, contrairement à certains dons attribués à un sport ou à un projet en particulier.

Investir dans l’avenir

En plus des 200 000 dollars que versera Fiera Capital chaque année pendant cinq ans, le Centre espère recevoir d’autres dons qui lui donneraient la possibilité de bonifier ses investissements. Son objectif d’ici 2029 vise à constituer un fonds de dotation de 15 millions de dollars.

Si la constitution d’un fonds de dotation est une pratique bien ancrée dans les universités anglophones, notamment aux États-Unis, elle commence seulement à émerger au sein de la communauté universitaire francophone. Investir sur le long terme permet aux établissements de ne plus dépendre de financements externes, comme dans le cas du CEPSUM.

Jusqu’ici, le Centre dépensait l’argent issu de la philanthropie dans les années qui suivaient les dons. Par exemple, il y a quelques années, un don de deux millions de dollars a servi à financer des projets pendant quatre ans. Bien qu’utile sur le moment, ce montant n’a pas permis d’assurer une stabilité financière sur la durée. Grâce au changement de stratégie, des placements financiers permanents produiront des intérêts. Ceux-ci pourront financer le fonctionnement du Centre sans jamais toucher au capital initial. « Ce qu’on fait, c’est pour les sportifs du futur », déclare Mme Simard.

Financements fragiles

À ce jour, le financement du CEPSUM repose majoritairement sur les trois établissements qui composent l’Université de Montréal : l’Université elle-même, Polytechnique Montréal et HEC Montréal. La situation touche le CEPSUM par ricochet quand ces derniers font face à leurs propres enjeux de financement, ce qui est actuellement le cas en raison de la baisse du nombre d’inscriptions et des coupes budgétaires gouvernementales. 

La nécessité d’assurer la pérennité du financement du Centre s’explique, en outre, par son propre historique financier. Le CEPSUM se remet en effet de cinq années de déficit chronique pendant lesquelles il a « réussi à gérer les coupures sans créer de dommage à long terme » selon sa directrice.

Bien que la situation soit maintenant rétablie, Mme Simard reste consciente de sa fragilité. « Le sport est périphérique aux activités de l’Université, rappelle-t-elle. Si elle manque d’argent, elle coupera dans le sport. » Les aléas budgétaires de leur alma mater ont déjà entraîné la fermeture complète du programme de sport d’excellence à deux reprises par le passé, en 1972 et en 1994. De telles circonstances ne devraient toutefois pas se reproduire. « J’ai assez d’indices pour penser que l’objectif de 15 millions sera atteint en 2029 », confie Mme Simard.

En collaboration avec Jean-François Therrien 

Partager cet article