Denis Sylvain, un des premiers artisans de l'association étudiante, © Coralyne Jullien

L’AGEFAC a 40 ans : ses fondateurs s’en souviennent…

En 1984, la Faculté de l’éducation permanente (FEP), désormais la Faculté de l’apprentissage continu (FAC), avait déjà neuf ans d’existence en tant que faculté autonome au sein de l’UdeM. Elle trouvait petit à petit ses marques, mais pas les étudiant·e·s, alors que les manques et les attentes étaient énormes. Un groupe de personnes a donc pris une décision : créer l’Association générale des étudiants et étudiantes de la Faculté de l’éducation permanente (AGEEFEP), désormais connue sous le nom d’Association générale étudiante de la formation et de l’apprentissage continus (AGEFAC).

En 1984, près de 6 000 étudiant·e·s étaient inscrit·e·s dans un programme de la Faculté pour suivre des cours du soir sur le campus de l’UdeM.

« Quoiqu’on soit aussi nombreux, il n’y avait aucun service destiné aux étudiants à cette heure-là, se remémore l’un des premiers artisans de l’AGEEFEP, Denis Sylvain. Aucune bibliothèque, aucun café, aucun bar n’était ouvert pour cette clientèle, qui était constituée d’adultes.»

À la même période, un autre étudiant prenait contact avec plusieurs personnes, dont M. Sylvain, afin de créer un regroupement estudiantin : l’ancien président du Conseil régional de Montréal de l’Alliance de la fonction publique du Canada, Robert Martin, qui a été à sa tête pendant dix ans.

M. Sylvain se souvient du premier bureau alloué au regroupement étudiant, alors formé en comité provisoire et dont la mission consistait à créer une association étudiante. « C’était un bureau dans un demi-sous-sol, sous un escalier, dans une flaque d’eau », précise-t-il avec humour. Quelques mois après la formation du regroupement, en 1985, est alors née l’AGEEFEP.

Robert Martin, le premier président de l’Association générale des étudiants et étudiantes de la Faculté de l’éducation permanente (AGEEFEP). © Photo courtoisie

Les grands chantiers de l’AGEEFEP

Une fois l’équipe constituée, celle-ci a dû s’attaquer aux grands problèmes que rencontraient les étudiant·e·s de la FEP : s’accréditer, rédiger des mémoires et les présenter aux responsables de la Faculté, ou encore trouver quelqu’un pour recevoir les plaintes, qui, à cette époque, étaient nombreuses. « Nous avons insisté auprès de la Faculté pour que les étudiants et étudiantes aient des services en adéquation avec leurs attentes », explique M. Martin.

Certaines de ces démarches ont porté leurs fruits assez tôt, comme la reconnaissance des acquis d’expérience. D’autres, comme le service de tutorat, ont abouti beaucoup plus tard, poursuit M. Sylvain. Des chantiers sont même toujours en cours 40 ans plus tard, comme celui de l’offre de bourses pour les étudiant·e·s à temps partiel.

À la vue de l’ampleur de la tâche à accomplir, plusieurs des membres fondateurs de l’AGEEFEP ont continué de s’y impliquer, comme M. Sylvain, qui s’est investi pendant 34 ans.

La passation ne s’est pas faite sans heurts, souligne toutefois l’actuel président et coordonnateur de l’Association, Enrique Colindres. « Le premier président de l’AGEEFEP est resté jusqu’en 2020, témoigne-t-il. On a eu des difficultés à avoir une continuité et une équipe stable. »

M. Sylvain croit d’ailleurs que le principal défi du regroupement étudiant en 2025 est de trouver le moyen d’encourager la participation étudiante, alors que tout se fait désormais à distance; une réflexion que partage également M. Colindres.

L’équipe actuelle a pris le relais en 2023 pour un mandat de deux ans. « Nous sommes ravis de voir que les personnes qui ont pris le relais sont des gens capables de poursuivre la voie que nous avons tracée », se réjouit M. Martin.

M. Sylvain, de son côté, est heureux d’apporter encore ses conseils et son expérience aux nouvelles recrues. « Toutefois, je ne veux pas jouer les belles-mères, assure-t-il en riant. Il faut savoir prendre du recul et laisser la place aux jeunes. »

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