On entend souvent que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique. Peut-être sommes-nous surtout fatigué·e·s que d’autres parlent à notre place.
On nous décrit comme une génération cynique, désengagée ou trop occupée à regarder TikTok pour suivre une campagne électorale. Pourtant, la politique fait déjà partie de nos conversations et de notre quotidien. Quand on s’inquiète du prix de son loyer, de son avenir professionnel ou de la crise climatique, on fait de la politique. Même autour d’une bière après les cours. Surtout autour d’une bière après les cours.
Notre génération avance avec beaucoup d’ambition, mais aussi avec un petit vertige. On nous demande de rêver grand dans un monde qui, soyons honnêtes, ne nous facilite pas toujours la tâche. Malgré tout, notre avenir n’est pas déjà décidé et il ne devrait certainement pas l’être sans nous.
Voter ne suffit sans doute pas à tout changer, mais c’est un début. C’est une façon de faire entendre nos préoccupations, d’affirmer ce que nous voulons et de participer à la construction d’un avenir qui nous ressemble. Parce qu’après tout, cet avenir, c’est nous qui allons devoir l’habiter.
Ce premier magazine marque mes débuts à la rédaction en chef de Quartier Libre et porte une conviction importante : notre voix compte, même lorsqu’elle tremble, hésite ou ne sait pas encore exactement pour qui voter. S’engager ne signifie pas avoir toutes les réponses. C’est accepter de poser des questions, de rester curieux·se et de croire que les choses peuvent encore changer.
L’espoir n’est pas naïf. Dans le contexte actuel, il est peut-être même un peu rebelle.
Alors, informons-nous, débattons, dérangeons un peu et, surtout, prenons notre place. La politique commence ici, avec nous.
