La philosophie au cœur des transformations

Jeter un regard neuf sur une discipline aussi ancestrale que la philosophie peut s’avérer complexe à première vue, mais c’est exactement le défi que souhaite relever le Département de philosophie cette année.

Pour y parvenir, il propose depuis cet automne deux nouveaux programmes, afin de répondre aux attentes et aux besoins de la communauté étudiante. Celle-ci a d’ailleurs contribué à l’aboutissement du projet.

Diversité et avenir

Le premier programme est un certificat en éthique offert à l’ensemble de la communauté étudiante. « On peut faire de la philosophie avec presque n’importe quoi », avance la professeure agrégée et responsable du nouveau certificat, Molly Kao.

Le Département de philosophie souhaite ainsi proposer une spécialisation dans un domaine aussi vaste et intrinsèquement multidisciplinaire que l’éthique, afin de développer des capacités d’analyse et de délibération morale au sein de la relève. Ces compétences seront primordiales pour les années à venir, estime Mme Kao.

Molly Kao, responsable du certificat en éthique. © Université de Montréal

« On peine à voir les débouchés [en philosophie], car ce n’est pas nécessairement dela matière qui est immédiatement applicable, reconnaît la professeure. Mais la capacité à mieux comprendre et à analyser une situation complexe, à décortiquer des arguments pour chaque position et à prendre des décisions justifiées est importante, et c’est ce genre d’outils qu’on veut offrir aux étudiants. »

Un apprentissage continu

La seconde nouveauté du Département est un microprogramme de deuxième cycle en philosophie au collégial. Il est destiné aux étudiant·e·s qui ont préalablement réalisé des études en philosophie et qui aspirent à enseigner au niveau collégial.

« Faire de la philosophie, c’est déjà enseigner », résume la professeure agrégée et responsable du microprogramme, Laetitia Monteils-Laeng.

Le microprogramme encourage le partage et la réflexion sur l’enseignement de la philosophie. Il vise à mieux outiller les futur·e·s diplômé·e·s, qui manquent souvent d’expérience pratique ou ont de la difficulté à susciter l’intérêt des étudiant·e·s de niveau collégial.

Laetitia Monteils-Laeng, responsable du microprogramme de deuxième cycle. © Université de Montréal

Mme Monteils-Laeng rappelle d’ailleurs que Socrate, figure iconique de la discipline, pratiquait lui-même cette approche, en ne cherchant pas à transmettre une doctrine, mais plutôt en favorisant le dialogue et les échanges.

C’est dans cet esprit pédagogique qu’a été conçu le microprogramme, affirme la responsable de celui-ci. Pour inciter au partage et dans un souci d’innovation des méthodes d’enseignement, les cours misent ainsi sur les interactions et l’ouverture d’esprit.

De plus en plus accessible

Pour l’étudiant de troisième année au baccalauréat en philosophie Simon Labelle, la philosophie libère avant tout l’esprit, car elle cultive la libre pensée et combat le sectarisme si souvent caractéristique des esprits dogmatiques.

« Exercer son esprit critique, c’est déjà faire l’exercice de la philosophie», avance-t-il. À une époque où faire preuve d’esprit critique est plus essentiel que jamais, l’étudiant déplore « le manque flagrant d’outils argumentatifs » dans les cursus du primaire et du secondaire.

Le directeur du Département de philosophie, Christian Leduc, constate un intérêt croissant des étudiant·e·s pour les questions éthiques et morales. Selon lui, la discipline devient de plus en plus accessible en raison de ses réflexions sur une panoplie de sujets. Il n’y a pas que des adeptes de la philosophie dans un cours de philosophie.

« Lorsque le cours d’éthique animale fut offert pour la première fois l’année dernière, il était encore très peu connu en dehors des étudiants en philosophie, se souvient M. Leduc. Cette année, la moitié de la classe se compose d’étudiants en biologie ! »

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