Lundi 3 novembre, peu avant 12 h 30 : une étudiante saute d’une voiture avant de monter la volée de marches qui la mènera à son cours au pavillon Jean-Brillant. Deux étudiants s’engouffrent pour leur part dans l’Uber qu’elle vient de quitter, afin de pouvoir rentrer chez eux après leur cours du matin.
À l’entrée du pavillon Jean-Brillant, en milieu de journée, un va-et-vient inhabituellement dense de voitures s’observe.
La grève de la Société des transports de Montréal (STM) a créé des enjeux de mobilité importants. Jusqu’au 12 novembre, la STM n’offrait le service de métro qu’entre 6 h 30 et 9 h 30, entre 14 h 45 et 17 h 45, et entre 23 h et l’heure de fermeture. Quant aux bus, ils prennaient la route uniquement entre 6 h 15 et 9 h 15, entre 15 h et 18 h, et entre 23 h 15 et 1 h 15.
Les trajets des métros et des autobus maintenus aux heures de pointe ne concordaient toutefois pas avec les horaires des cours universitaires. Pour de nombreuses personnes qui misent sur le métro, la mise à l’arrêt du service était surtout problématique entre 9 h 30 à 14 h 45. Faute de transport en commun pour se rendre aux cours qui commençaient à 12 h 30, des étudiant·e·s ont eu recours aux taxis et au service de voiture avec chauffeur Uber.
Rentrer chez soi devenait aussi un jeu de patience. L’étudiant en informatique Yuan Qing Ji semblait guetter l’arrivée d’un véhicule sur le bord de la rue Jean-Brillant, téléphone en main. Il attendait en réalité le prochain métro, prévu dans seulement deux heures, pour rentrer chez lui. « Je ne vais pas commencer à prendre des taxis toutes les semaines, ce serait trop coûteux », a-t-il déploré.
Quel est le prix d’un trajet de la station de métro Montmorency (Laval)
au pavillon Jean-Brillant (Montréal) ?
5,00 $
Prix d’un passage « Tous modes AB » de la STM, qui permet de circuler entre Laval et Montréal.
38,00 $
Prix d’un trajet en taxi, selon l’estimation de Téo Taxi, soit l’équivalent de sept passages « Tous modes AB » de la STM.
164,50 $
Prix de la passe mensuelle « Tous modes AB », soit l’équivalent de quatre trajets en taxi, selon l’estimation de Téo Taxi.
Le fidèle usager des transports en commun a acheté la passe mensuelle de novembre, mais n’avait pas l’impression de la rentabiliser ce mois-ci au moment de l’entrevue avec Quartier Libre. « Je me demande si je vais pouvoir réclamer un remboursement auprès de la STM », s’est-il enquis. Aucune information n’était donnée à ce sujet sur le site Web de la Société.
Yuan a ajouté tout de même que certain·e·s professeur·e·s ont pris des mesures pour accommoder le transport de leurs étudiant·e·s, comme le fait de terminer les cours plus tôt afin de les laisser attraper le dernier métro, prévu à 17 h 45, ou donner leurs cours à distance.
L’entreprise Téo Taxi a rapporté une hausse de 15 % des courses à destination ou en partance des zones universitaires, ainsi qu’une augmentation de 30 % de la demande générale pour des taxis à Montréal depuis le début de la grève.
Uber n’a pas donné suite à la demande d’information du journal étudiant. L’entreprise a toutefois décidé de plafonner ses tarifs dynamiques durant la grève.