Faire revivre les métiers anciens

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Par Guillaume Cyr
lundi 2 avril 2018
Faire revivre les métiers anciens
L’étudiante de deuxième année en gestion touristique Alexandra-Jade Girard a participé à la formation de majordome dispensée par l’ITHQ. (Crédit photo : Benjamin Parinaud)
L’étudiante de deuxième année en gestion touristique Alexandra-Jade Girard a participé à la formation de majordome dispensée par l’ITHQ. (Crédit photo : Benjamin Parinaud)
Une formation de majordome a été donnée à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) fin février. Ce type de formation, donne l’occasion aux étudiants de toucher à des métiers ayant une longue histoire. Portrait de trois métiers dont la formation a su perdurer dans le temps.

Au service des autres

L’étudiante de deuxième année en gestion touristique Alexandra-Jade Girard a participé à la première formation de majordome du 26 février au 2 mars à l’ITHQ. « Je ne sais pas où la vie va me mener, mais j’ai adoré mon expérience, précise-t-elle. La formation a remis mes choix en perspective. »

Elle assure que les fonctions du métier sont loin d’être uniquement au service d’un supérieur. « La formation a amélioré mon service à la clientèle, mentionne-t-elle. On a fait de la gestion de problème, on a amélioré notre réseau de contacts, on a appris à nettoyer le cuivre, à préparer la chambre, à cirer des souliers. Tout pour rendre le séjour de la personne encore plus agréable. »

La formation a été donnée par Clarence Mcleod, un professeur de choix qui s’est occupé du service de la Reine lors de son passage à Winnipeg pour la célébration de son jubilé d’or en 2002. « On avait la crème de la crème, précise Alexandra. Il a déjà servi pour Jennifer Lopez aussi. J’aurais voulu que la formation soit plus longue. »

L’étudiante aspire à travailler dans le métier à l’avenir et possède de grandes ambitions. « Mon plus grand rêve serait de travailler pour la famille Obama », révèle-t-elle.


Trouver chaussure à son pied

Pour la diplômée du DEC en maroquinerie du Centre des métiers du cuir de Montréal Miki Gessap, le choix de cette formation découle d’un processus naturel. « Après avoir fait un baccalauréat en art à l’Université d’Ottawa, j’ai décidé de faire ce DEC, et parallèlement, j’ai travaillé dans une cordonnerie, décrit-elle. Mon intérêt a toujours été de faire de la chaussure. » Après sa formation, elle a reçu une bourse pour étudier en fashion footwear (conception de chaussures de mode) au London College of Fashion.

« Mes parents avaient une boutique de chaussures italiennes, alors je pense que ma passion vient de là », révèle-t-elle. Un entourage qui s’est avéré très compréhensif envers son choix. « Tout le monde a trouvé que ça m’allait bien, assure Miki. Mes parents m’ont toujours appuyée dans ce choix. »

La formation en maroquinerie lui a permis d’acquérir différentes techniques de travail du cuir qui lui sont encore utiles aujourd’hui. « Après mes études, j’ai tout de suite commencé à travailler comme chef d’atelier de production pour les chaussures du Cirque du Soleil ou les Grands Ballets Canadiens », raconte-t-elle. Elle a désormais sa propre entreprise de chaussures, lancée il y a un an avec deux associés.


Une précision d’orfèvre

L’horloger Grigor Garabedian a suivi une formation à l’École nationale d’horlogerie en 2010. Il travaille depuis comme chef d’atelier pour l’horlogerie Birks au centre-ville de Montréal. La passion des montres l’a poussé vers cette formation. « Je voulais réparer des montres, travailler en horlogerie, résume-t-il. J’ai d’abord étudié en administration et j’occupais en même temps un emploi de vendeur chez Birks, mais j’ai vite réalisé que mes études étaient beaucoup trop générales, pas assez techniques. »

La famille de l’horloger est d’abord restée surprise par cette décision, sans toutefois l’empêcher de poursuivre sa formation. « Mon père trouvait que c’était un métier pas très vivant, explique-t-il. Il m’appuyait toutefois en sachant que c’était une passion pour moi. »

L’emploi reste peu prisé pour le moment, selon Grigor. L’horlogerie a besoin de main-d’œuvre et peine à en trouver. « Le métier est peu connu en Amérique du Nord, avance-t-il. Il est en revanche très populaire en Europe. »

Grigor apprécie l’aspect solitaire du métier et sa complexité. « C’est un métier très ancien, mais aujourd’hui, il faut comprendre la mécanique, l’électronique et la bijouterie, détaille-t-il. La montre est un outil et un bijou en même temps. »