Désobéir pour prévenir

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Par Edouard Ampuy
jeudi 10 octobre 2019
Désobéir pour prévenir
Le co-porte-parole d’Extinction Rébellion, François Léger Boyer, parle à un membre du corps de police de Montréal lors de la manifestation du mardi 8 qui a eu lieu au centre-ville Crédit photo: Roméo Mocafico
Le co-porte-parole d’Extinction Rébellion, François Léger Boyer, parle à un membre du corps de police de Montréal lors de la manifestation du mardi 8 qui a eu lieu au centre-ville Crédit photo: Roméo Mocafico
Du 5 au 12 octobre se tient la Semaine de la rébellion à Montréal et ailleurs dans le monde. Lancée par le mouvement Extinction Rebellion, qui prône la désobéissance civile non violente, elle a pour objectif d’alerter sur l’urgence d’agir face aux changements climatiques.

Le co-porte-parole d’Extinction Rébellion, François Léger Boyer, explique que les différentes branches internationales du mouvement concentrent leurs efforts au cours de la Semaine de la rébellion, bien que le 13 octobre ne marquera pas la fin de la mobilisation. « Nous avons planifié une semaine, mais la semaine prochaine, il y aura encore plein d’actions, et même après deux semaines, il va encore se passer des choses », déclare-t-il.

 

Du 5 au 12 octobre se tient la Semaine de la rébellion à Montréal et ailleurs dans le monde. Crédit photo: Roméo Mocafico

Du 5 au 12 octobre se tient la Semaine de la rébellion à Montréal et ailleurs dans le monde.
Crédit photo: Roméo Mocafico

 

Les actions du mouvement comprennent des blocages, des occupations ou des manifestations. Le matin du mardi 8 octobre, des militants ont ainsi forcé la fermeture du pont Jacques-Cartier, en escaladant sa structure. Le soir même, une quarantaine de personnes ont été arrêtées lors d’une manifestation pacifique dans le centre-ville, après s’être allongées sur la route pour bloquer la circulation.

 

Le mardi 8 au soir, une quarantaine de personnes ont été arrêtées lors d’une manifestation pacifique dans le centre-ville, après s’être allongées sur la route. Crédit photo: Roméo Mocafico

Le mardi 8 au soir, une quarantaine de personnes ont été arrêtées lors d’une manifestation pacifique dans le centre-ville, après s’être allongées sur la route.
Crédit photo: Roméo Mocafico

 

Questionné sur le fait que la perturbation causée par ce genre d’initiative puisse éloigner les gens de la cause, M. Léger Boyer répond sans détour. « Il faudrait poser la question à ceux qui ont perdu leur maison ou qui n’ont plus d’eau potable à cause des bouleversements climatiques, et savoir s’ils se sentent perturbés, rétorque-t-il. Perturber les gens un matin, c’est raisonnable à la vue de la situation. Nous menons des actions extrêmes, car la situation est extrême. »

Extinction Rébellion, mais pas seulement

Si la Semaine de rébellion est propre au mouvement Extinction Rebellion, des militants d’autres organismes sont également présents. Le co-porte-parole de la Planète s’invite à l’université (LPSU), Marouane Joundi, a par exemple manifesté mardi. « Je suis ici comme militant, explique-t-il. Il faut différentes stratégies. Avec LPSU, on est plus dans des modes d’action traditionnels, mais à la vue de l’urgence de la situation, c’est important d’avoir de la désobéissance civile, toujours non violente. »

 

Le mardi 8, Extinction Rebellion a organisé une action pour célébrer le 1er anniversaire du 6e rapport du GIEC, qui a marqué un tournant dans la mobilisation écologiste selon la co-porte-parole d'Extinction Rebellion Québec, Catherine Bouchard-Tremblay. Crédit photo: Roméo Mocafico

Le mardi 8, Extinction Rebellion a organisé une action pour célébrer le 1er anniversaire du 6e rapport du GIEC, qui a marqué un tournant dans la mobilisation écologiste selon la co-porte-parole d’Extinction Rebellion Québec, Catherine Bouchard-Tremblay.
Crédit photo: Roméo Mocafico

 

La désobéissance civile

François Léger Boyer définit la désobéissance civile comme une action volontaire et assumée, pourvue d’un sens politique, et qui est faite de façon non violente pour l’intérêt commun. « Tu as besoin de tous ces principes, car quand les gens vont regarder le système répressif t’arrêter alors que la cause que tu défends est noble, un dilemme se crée dans leur esprit », argumente-t-il.

Il rappelle qu’après 30 années d’inaction gouvernementale face aux changements climatiques, la désobéissance civile a un sens.