Les Carabins de l’UdeM se sont contentés de la sixième place du Championnat universitaire canadien de rugby masculin. © Charles-David Desrochers

Des équipes francophones parmi l’élite du rugby universitaire masculin au Canada

Le rugby masculin québécois n’est plus uniquement l’affaire des universités anglophones, le niveau des équipes francophones progressant également. Deux équipes universitaires francophones, les Carabins de l’Université de Montréal (UdeM) et les Piranhas de l’École de technologie supérieure (ÉTS) ont représenté le Québec au Championnat universitaire canadien de rugby masculin.

Les huit meilleures équipes universitaires du pays ont participé au tournoi, qui s’est tenu au Complexe sportif Claude-Robillard à Montréal du 12 au 16 novembre derniers.

Les Piranhas de l’ÉTS ont perdu la finale contre les Gryphons de l’Université de Guelph, dans un match serré conclu sur le score de 18 à 15. Les Carabins de l’UdeM se sont contentés de la sixième place à la suite d’une défaite de 43 contre 5 points face aux Golden Gaels de l’Université Queen’s dans la course à la cinquième place.

L’ÉTS, qui a remporté l’édition 2024 du championnat, était hôte du tournoi cette année, une première pour une équipe québécoise dans une discipline dominée par les universités anglophones de l’Ouest canadien.

« C’est vraiment le build-up de dix ans de travail des coachs et des joueurs », souligne l’étudiant de quatrième année au baccalauréat en génie mécanique à l’ÉTS et ailier des Piranhas depuis 2022 Stanislas Bresse, qui pratique le rugby au Québec depuis qu’il a neuf ans.

Il maintient que la discipline a pris de l’ampleur dans la province, en raison des prestations des équipes nationales féminine et masculine. En 2025, les Canadiennes ont en effet confirmé leur statut de deuxième meilleure équipe du monde lors de la Coupe du monde de rugby à XV, arrivées en finale avant de s’incliner face aux Anglaises. Leur sélectionneur, le Québécois Kevin Rouet, a été entraîneur-chef du Rouge et Or de l’Université Laval jusqu’à 2022.

Les Piranhas de l’ÉTS ont perdu la finale contre les Gryphons de l’Université de Guelph, dans un match serré conclu sur le score de 18 à 15. © Charles-David Desrochers

En 2017, les Canadiens du rugby à sept avaient pour leur part aussi remporté pour la première fois de leur histoire l’étape nord-américaine du deuxième tournoi international le plus important après les Jeux olympiques, le World Rugby Sevens Series.

Le rugby à l’ÉTS, lui, a franchi un cap grâce à l’influx de joueurs français, selon Stanislas. « Forcément les joueurs qui arrivent de France, ils apportent un niveau technique et rugbystique très, très bon, explique-t-il. Ça aide à se mettre au niveau des équipes de l’Ouest. »

Le coordonnateur sportif des Piranhas, Alexandre Richard, est convaincu que les joueurs venus de France contribueront aussi à faire grandir le sport au Québec dans les années à venir. « Ces familles de rugby là, qui viennent s’installer, ce sont elles qui vont transmettre cette passion-là du rugby à la prochaine génération, en s’impliquant dans différents rôles », prédit-il, avant d’ajouter qu’elles sont la clé du développement pour ce sport dans une province où le football est roi du ballon ovale.

Le directeur du sport d’excellence des Carabins de l’UdeM, William Moylan, abonde en ce sens, en prenant l’exemple du football au Québec. Il avance que le sport a bâti son succès structurel dans la province grâce à ses entraîneurs passionnés, dont plusieurs sont d’anciens joueurs d’élite revenus pour former les plus jeunes.

Le rugby masculin francophone se développe donc « tranquillement », mais d’une bonne façon, selon lui. « On avait du rattrapage à faire à l’époque pour rattraper les équipes anglo-saxonnes, chose qui a été faite, ajoute-t-il. Et maintenant, avec le sport qui se développe un peu plus au Québec, on a un peu plus de Québécois qui ont été formés qui s’en viennent. »

Un développement du sport qui continuera au Québec, selon M. Richard, qui assure que « les meilleures équipes vont continuer de tirer le jeu vers le haut ».

Partager cet article