Culture

De la science-fiction au Fest’hiver

Le film Viking, sorti en salle en septembre 2022, narre l’histoire en huis clos de cinq personnes recrutées par un centre spatial dans le but de former une équipe destinée à anticiper, depuis une base terrestre, les problèmes interpersonnels de cinq astronautes partis en mission sur Mars. Le scénario oscille entre scènes de comédie et moments dramatiques, et présente des personnages offrant une large palette d’émotions auxquelles le public peut s’identifier tout au long du film.

C’est devant une salle comble que le créateur multidisciplinaire Stéphane Lafleur (réalisateur, scénariste, monteur et musicien) est venu présenter son travail avec modestie et pédagogie, et répondre aux questions du public présent dans la salle.

«Viking n’est pas un aboutissement, c’est une proposition, c’est comme ça que j’aborde la création en général» déclare-t-il, en réponse à une question sur le message qu’il avait souhaité faire passer à travers ce film, coécrit avec Eric K. Boulianne.

Une genèse qui remonte à plusieurs années

 Lafleur a eu sa «première étincelle» pour le film Viking après s’être rendu à une exposition du photographe Vincent Fournier à New York, il y a une douzaine d’années. «Il y avait des photographies grand format de petits astronautes, au milieu d’un désert qui avait l’air d’une autre planète, explique-t-il. En voyant cela, l’idée de faire de la science-fiction un jour m’a soudainement paru possible sans avoir d’aussi gros moyens que Steven Spielberg. Ça prenait juste un bon costume.»

Le réalisateur et son équipe ont choisi de tourner les scènes du film en Alberta à l’automne 2021.

Imaginaire poétique

«Je trouve que le cinéma peut amener une poésie assez forte», précise M. Lafleur, qui se décrit comme «très instinctif en création». Il n’a pas peur de créer des moments lents d’ordinaire peu présents au cinéma, à l’image d’une scène dans laquelle le personnage principal flotte dans l’espace pendant plusieurs secondes.

«Dans mes films, il n’y a pas de référent temporel ou de signe de technologie, poursuit-il. J’aime cette idée que le cinéma existe dans un monde parallèle.» C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le réalisateur a choisi de tourner le film sur pellicule 35 mm, car, selon lui, «l’imperfection dans la pellicule donne l’image d’un monde qui n’existe pas.»

Accueil enthousiaste

«Je ne m’attendais pas du tout à ce type de film, j’avais vu la bande-annonce, ça paraissait spécial, confie la spectatrice et étudiante à l’UdeM Alizée Royer. Il y a de belles images et j’ai adoré la direction photo. C’est un film assez loufoque et l’intégration de la comédie permet d’éviter des longueurs que je redoute dans ce genre de film.»

L’agence de presse cinématographique Médiafilm a attribué la cote (2) – Remarquable à Viking à sa sortie. Cette note est la plus haute qu’une œuvre peut obtenir sans être encore considérée comme un classique du septième art. «Pour moi, les prix et les tapes dans le dos sont comme un autobus de nuit, il faut les prendre quand ils passent», répond M. Lafleur devant un public hilare, à la suite d’une question sur cette note et ce qu’elle apporte à la carrière d’un réalisateur.

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