@ Frédérique Lapointe

Critique : Pourquoi Trump ne mange pas de tofu

L’essai Pourquoi Trump ne mange pas de tofu de Suzanne Zaccour, publié aux éditions Michel Lafon Canada, aborde la question du véganisme et de l’antispécisme en y ajoutant de la théorie féministe. Le tout rend une œuvre littéraire nuancée, innovante et nécessaire.

Le concept d’intersectionnalité prend beaucoup de sens dans un contexte de justice sociale. Théorisé en 1989 par la juriste féministe Kimberlé Crenshaw, ce terme énonce que les causes sociales ne peuvent pas opérer dans un cadre individualiste et que toutes les luttes sont interconnectées.

Ce thème est central dans Pourquoi Trump ne mange pas de tofu, ouvrage qui affirme que les luttes féministes et antispécistes doivent être conjointes. « Dans une culture qui associe la viande à la virilité, les objectifications convergent », énonce Suzanne Zaccour.

Un essai innovant

À force de lire des essais qui abordent des thématiques similaires, dont le féminisme et le masculinisme, une certaine redondance s’installe malgré la qualité des œuvres.

Néanmoins, Pourquoi Trump ne mange pas de tofu ne tombe pas dans les redites et ose une réflexion unique sur le croisement du féminisme et du véganisme.

L’autrice cite par exemple les similarités entre les mythes qui justifient la violence faite aux femmes et ceux sur la consommation de produits issus de l’exploitation animale, avec des chapitres dénommés « Ça ne les dérange pas tant que ça », « Ce n’est pas de ma faute », ou encore « Les autres font pire ».

Question de nuance

L’essai aborde le véganisme, mais aussi le cheminement de l’autrice vers de nouvelles habitudes alimentaires. Celle-ci explique avoir commencé son parcours en tant que végétarienne, jusqu’au jour où elle s’est vue incapable de justifier sa consommation d’œufs et de produits issus de l’industrie laitière. À partir de là, elle est devenue végane.

Ainsi, ce désir de non-violence, jusque dans l’assiette, s’effectue tout au long d’une vie. Suzanne Zaccour est franche à propos des difficultés rencontrées dans la quête de non-violence qui prend place jusque dans son assiette.

Cette honnêteté rend l’essai accessible et en fait un ouvrage auquel le lectorat peut s’identifier, notamment les jeunes en quête d’apprentissage.

Une lecture nécessaire

Dénonciateur sans jamais verser dans l’accusatoire, Pourquoi Trump ne mange pas de tofu ne fait pas qu’informer, il offre aussi diverses pistes de solutions. Ce premier pas, selon Suzanne Zaccour, peut faire toute la différence dans un cheminement de remise en question.

La fin du livre offre notamment un guide pratique pour entamer une transition fluide et réfléchie vers un mode de vie végane, rendant l’ouvrage utile au quotidien.

Facile à lire, très dynamique et diablement passionnant, Pourquoi Trump ne mange pas de tofu est une lecture importante pour quiconque désire s’intéresser à l’exploitation animale et au cheminement vers une consommation alimentaire dite plus éthique.

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