Le film Blue Heron, réalisé par Sophy Romvari, a remporté le prix du meilleur long métrage dans la catégorie Compétition nationale du Festival du nouveau cinéma de Montréal (FNC). L’œuvre, au service des émotions de ses protagonistes, dépeint avec justesse la vie d’une famille aux prises avec le comportement difficile d’un jeune adolescent, Jeremy (Edik Beddoes).
Le récit adopte le point de vue de la sœur de Jeremy, Sasha, incarnée par Eylul Guven dans son adolescence et par Amy Zimmer à l’âge adulte. Le jeu de l’ensemble de la distribution présente un fil conducteur éclairant, judicieux et saisissant.
Chaque scène projette des échanges très lourds sur le plan émotionnel, notamment entre la mère (Iringó Réti) de Jeremy et son amant (Ádám Tompa), pour marquer la tristesse et l’usure parentale. Le long métrage interpelle le public pour évoquer des moments difficiles de l’enfance, grâce à des dialogues et des mises en situation réalistes.
Dans l’une des scènes, la mère est par exemple découragée, étendue sur le lit, un brin de fatigue dans les yeux. Elle vient de revenir d’une séance avec un pédopsychologue, dont elle écoute l’enregistrement. De son point de vue, le spécialiste ne comprend pas la réalité de son fils et les conséquences de cette incompréhension sur son foyer.
Blue Heron arrive à transmettre une riche palette émotionnelle. Face à la tristesse, des moments de joie émergent. Dans la banalité du quotidien, des moments simples deviennent de grandes leçons de vie.
Face à un frère qui affiche un comportement téméraire et nuit à la quiétude familiale, que faire ? Jeremy est profondément attachant, et ses états d’âme sont percutants. Lorsqu’il est joyeux, il amène le sourire. Lorsqu’il se désorganise, il génère de la tristesse.
Ses gestes touchent non seulement ses proches, mais aussi le public témoin de son histoire. Le récit parvient alors à transmettre un dilemme central : est-il possible d’être d’accord avec les moyens que la famille met en place pour composer avec Jeremy ?