Depuis 2016, le groupe Ellemetue explore des sonorités audacieuses. Il dévoilera son quatrième album, Anticiper vos souvenirs, le 28 novembre prochain.
Dans Anticiper vos souvenirs, son nouvel album autoproduit, Ellemetue revisite l’ADN de ses trois premiers opus, en y insufflant de nouvelles textures. Entre new-wave expérimentale, souffle cinématographique et énergie rock, le groupe surprend encore, porté cette fois par des chœurs grecs, une guitare acoustique, ainsi que des envolées d’orgue et de guitare électrique.
« Ça va un peu dans tous les sens, révèle la figure vocale du groupe, Nunu Métal. C’est peut-être un peu à l’image de la façon qu’on écoute de la musique de nos jours aussi, d’une façon plus ou moins consciente. »
Alchimie incassable
Né en 2016 de la rencontre entre deux univers, Ellemetue est d’abord le fruit du hasard et du plaisir. D’un côté, Mingo l’Indien, issu de la scène alternative et ancien membre des Georges Leningrad; de l’autre, Nunu Métal, une musicienne formée au piano classique à l’école de musique Vincent-d’Indy.
Les deux artistes se croisent sur un plateau de tournage en Abitibi, se découvrent autour d’un karaoké, puis décident de poursuivre l’aventure musicale à Montréal. Le duo se partage naturellement les rôles : les paroles, la voix, le synthétiseur, l’orgue et le piano pour Nunu Métal ; la guitare, la basse et la batterie pour Mingo l’Indien.
De cette complémentarité naît un son qui échappe aux étiquettes. « Nos deux backgrounds, ça crée quelque chose qui a un clash intéressant, qui va de la chanson à texte vers l’exploratoire », explique Nunu Métal. Refusant de s’enfermer dans un genre unique, les deux artistes privilégient l’expérimental à la popularité. « On n’aime pas trop être pris dans des boîtes, avoue la chanteuse et claviériste. Ça rend notre musique unique. »
Traverser les genres
Ellemetue puise son inspiration dans un large éventail d’influences qui traversent les époques et les styles, convaincu que la créativité se nourrit de cette ouverture et d’un mélange spontané d’influences. Sa palette est large et variée, allant du rock d’Offenbach à la chanson de Félix Leclerc, et de la musique expérimentale québécoise comme celle de L’Infonie aux concerts de musique contemporaine de Walter Boudreau.
Ouvert à l’exploration linguistique, le groupe s’amuse avec les langues : après un simple en espagnol en juin dernier, le prochain se déclinera en allemand et en français québécois. Ce choix, loin d’être une simple stratégie, reflète le plaisir des deux musiciens de jouer avec la sonorité des mots et la façon de chanter, donnant à chaque morceau « une nouvelle vie », selon Nunu Métal.
La poésie se trouve au cœur du processus créatif du duo. Les textes représentent près de 70 % de la chanson et contribuent à préserver la culture québécoise. L’anglais, en revanche, ne fait pas vraiment partie de son identité. « Pour moi, ce n’est pas naturel d’écrire en anglais, confie Nunu Métal. Mon âme s’exprime en québécois. » Cette authenticité se traduit par une approche spontanée et parfois surréaliste. « Notre langue, c’est comme une belle couleur, ajoute Mingo L’Indien. Il y a comme toute la charte des couleurs dedans, alors pourquoi ne pas en profiter ? »