Qui se cache derrière le top 50 des meilleurs albums francophones de l’année dernière ?
5 : Maybe Watson – Maybe Watson : En juin dernier, le rappeur Maybe Watson a fait paraître un album homonyme où il alterne les rythmes électroniques, soul et jazz. Avec sa plume humoristique, Watson joue à la fois le rôle du romantique (sur Lover Boy), du bon gars (sur Les gentils) et du vilain (sur Mange un char). La chanson Peau de serpent illustre à merveille l’absurdité ironique maîtrisée par Watson. « Il y a plusieurs femmes dans ma vie, mais juste une place sur mon bike. »
20 : Gatineau – Karaoké King : Pour plusieurs critiques, Karaoké King est l’un des albums de rap les plus sous-estimés de l’année. Peut-être que Gatineau a créé un malaise chez plusieurs amateurs de hip-hop francophone avec ses influences de musique hardcore, l’allure d’hipster de ses membres et leur fixation pour les bicyclettes. Ce groupe est l’une des seules formations locales à offrir avec autant d’aisance un style de rap éclectique à la Beastie Boys, passant du funk, à l’électro et au rock. Côté paroles, chaque chanson propose une histoire riche en humour livré par le flow exalté de Séba, en pleine forme.
25 : Eugène et le cheval – Plantes carnivores et autres mécanismes de défense : Dans la lignée de groupes locaux planants tels qu’Erewhon ou Monogrenade, Eugène et le cheval a sorti un opus atmosphérique. Le groupe a su s’approprier un style souvent associé à Karkwa en lui infusant une dose de lo-fi. Pierre- Paul Giroux et Philippe St-Denis se partagent les voix sur ce disque, mais murmurent plus souvent qu’ils ne chantent. Les textes du groupe sont surréalistes, abordant des thèmes comme les filles en plastique pleurant du pétrole et les nénuphars immenses.
27 : Simon Kingsbury – Simon Kingsbury : Avec son premier maxi, Simon Kingsbury laisse tomber les distorsions de guitare propres à son groupe Lac Estion pour miser sur des mélodies vocales accrocheuses. Ses textes mélancoliques et sincères s’accordent à merveille avec son jeu de guitare acoustique. Ses réflexions sur le métier d’artiste sont touchantes dans sa chanson Feux d’artifice : «Ce métier-là il est venu à toé/Faire des shows de boucane en se bouchant les oreilles/Pour du monde qui voudrait faire pareil».




50 : L’ours – Les années dix : Révélé durant les Francouver tes de 2010, L’Ours a distribué son deuxième maxi, Les années dix, gratuitement sur Internet. À la tête de ce trio, Alexandre Leclerc-Bernier manie le piano avec élégance et chante sa poésie avec grâce. Les cuivres insufflent à l’album une énergie festive et rappellent les sonorités d’Europe de l’Est de certains groupes comme Beirut.