Aller simple vers l’indonésie

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Par rene-maxime Parent
mercredi 23 avril 2014
Aller simple vers l’indonésie
La pratique du gamelan s’acquiert par observation et imitation. (crédit photo : Isabelle Bergeron)
La pratique du gamelan s’acquiert par observation et imitation. (crédit photo : Isabelle Bergeron)

Les musiciens du gamelan de l’UdeM présenteront leur 26e concert annuel, intitulé Musiques et danses de Bali, le 27 avril prochain à la salle Claude-Champagne. Deux groupes se relaieront pour jouer de cet ensemble d’instruments d’origine indonésienne : les initiés de l’Atelier de gamelan et les passionnés qui ont poursuivi leur apprentissage au sein de l’Ensemble de musique balinaise Giri Kedaton.

«ÀBali, dans un cours de gamelan, tu t’assois avec une personne, il joue et tu l’imites», explique le directeur de l’Atelier de gamelan de la Faculté de musique de l’UdeM et codirecteur artistique de l’Ensemble de musique balinaise Giri Kedaton, Éric Vandal.

Ce type de musique a fait son entrée à l’UdeM en 1986 grâce au don de deux gamelans par le gouvernement indonésien. C’est en 1987, avec la visite d’un maître balinais, que les étudiants de l’UdeM ont commencé à en jouer. « Le gamelan ne s’est pas rendu jusqu’ici par la musique du monde ou l’industrie du disque, rappelle M. Vandal. Il n’existe pas non plus de diaspora balinaise bien établie ici à Montréal.»

Les étudiants se donnent rendez-vous dans un local de la Faculté de musique, où se trouvent les instruments, pour apprendre à jouer sur les métallophones – des xylophones dont les lamelles sont en métal –, les gongs et les tambours à deux peaux. «Parfois, il y a des flûtes, précise la membre de Giri Kedaton Caroline Vézina-Angus. Lorsqu’on est nombreux, certains musiciens jouent de petites percussions comme des clochettes ou des cymbales.»

Mimétisme musical

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La musique balinaise provient d’une tradition orale dont l’apprentissage se fait par observation et par imitation, contrairement à l’orchestre symphonique occidental où l’organisation est hiérarchique et la musique est écrite sur des partitions. «Dans cet apprentissage, le corps est très important parce qu’on apprend avec nos sens et notre instinct», souligne M. Vandal.

Le finissant à la maîtrise en composition Alexandre David est membre du groupe depuis quatre ans. «On s’installe à l’arrière, on essaye de comprendre, on pose des questions quand on est perdu», raconte-t-il. C’est après un voyage à Bali en 2010 qu’il s’est inscrit à l’atelier.

La complexité du gamelan provient surtout des nombreux changements brusques de tempo. «Souvent, les nouveaux commencent avec les gros gongs parce que c’est moins technique, les coups sont plus espacés, observe Caroline. Il faut se faire l’oreille, beaucoup s’écouter entre nous.» Dans cette musique répétitive, les gongs servent à marquer le temps pour assurer que tous se suivent.

Un apprentissage collectif

M. Vandal dirige l’ensemble sans le dominer, en jouant parmi ses élèves. Une symbiose doit ainsi régner entre les membres d’un même gamelan. «Un métallophoniste remplit les trous de l’autre, de sorte qu’à l’oreille, on entend une seule mélodie », indique M. Vandal. Autrement dit, c’est comme si l’élocution de deux personnes s’unissait dans l’énonciation d’une phrase, alors que l’un prononcerait les voyelles et l’autre, les consonnes.

Le gamelan représente un tout dans lequel seul le tambour dirige, par nécessité. En Occident, le chef d’orchestre domine les musiciens qui pratiquent chacun de leur côté jusqu’à ce qu’ils se retrouvent pour une répétition. Le principal repère est la partition écrite. Dans l’art du gamelan, la partition n’existe pas. «Les élèves ont recours à des aide-mémoires, ils griffonnent noir sur blanc les mélodies balinaises, concède M. Vandal. Je veille à ce qu’ils abandonnent toutefois leurs partitions avant un concert.»

Le 27 avril, les membres de l’Atelier de gamelan et de l’Ensemble de musique balinaise Giri Kedaton tenteront d’interpréter, par mimétisme et de mémoire, des pièces cérémoniales de Bali, jouées traditionnellement dans des temples, et d’autres qui correspondent davantage à des pièces de divertissement. L’ancien directeur de l’Atelier de 2009 à 2013, originaire de Bali, I Dewa Made Suparta, sera l’artiste invité de cette soirée indonésienne.

 

Musiques et danses de Bali
27 avril • 15h30 • Salle Claude-Champagne
Gratuit pour les étudiants