
« Avec un peu de chance, [dans le futur] on contrôlera la musique dans son ensemble, le skate dans son ensemble. Ah, et je veux une putain de grosse télé pour pouvoir bouffer des toasts à la cannelle en regardant Flapjack*. Et une licorne. Je l’appellerai Steve. Steve la tortue. » En interview pour Vice Magazine, Tyler, The Creator, fondateur du collectif OFWGKTA, ne cache pas ses ambitions : emmener le gang au sommet… et passer le restant de ses jours à vivre comme un ado.
Le parcours du OFWGKTA est stupéfiant. Leur première télé ? NBC. Leur première scène ? Le Webster Hall à New York : un spectacle à guichets fermés en seulement 48 heures et dont la foule comptait des personnalités telles que Mos Def ou le groupe Das Racist. Depuis ils ont aussi joué au SXSW et au Coachella, partageant l’affiche avec Kings of Leon, The Strokes ou Kanye West.
Pourtant, depuis 2007, l’histoire du Wolf Gang se construit dans de simples chambres de jeunes américains moyens de banlieue, avec un blogue comme seul moyen de diffusion. Sur oddfuture.tumblr.com on retrouve d’ailleurs une douzaine de mixtapes, mises à disposition gratuitement.

Encore étudiants pour la plupart — certains sont même mineurs —, les membres du Wolf Gang fascinent les blogueurs de 12 ans comme les critiques de 40. D’ailleurs, en début d’année, Tyler, The Creator a réussi à arracher un contrat à l’étiquette XL Recordings (M.I.A. et Radiohead) et sortira, en mai prochain, son premier véritable disque : Goblin.
La fin de la liberté d’expression totale pour ce grand bonhomme noir aux oreilles imposantes et au short permanent ? Rien n’est moins sûr. Le clip de son premier single, Yonkers, le met en scène dans une fabuleuse allégorie de l’industrie musicale. On y voit Tyler apprivoiser un cafard, le manger, le vomir et finir par se pendre. Tout un plan de carrière.
* Flapjack : Dessin animé américain