À 14 h, sous l’Anneau de l’esplanade de la Place Ville-Marie. Plusieurs centaines de manifestant·e·s se rassemblent en soutien à la Palestine.
À 14 h, sous l’Anneau de l’esplanade de la Place Ville-Marie. Plusieurs centaines de manifestant·e·s se rassemblent en soutien à la Palestine.

Guerre en Palestine : trois ans plus tard, Montréal manifeste encore

À l’appel du Mouvement de la jeunesse palestinienne, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées au centre-ville de Montréal le samedi 10 octobre dernier en soutien à la Palestine. Trois ans après le début de la guerre menée par Israël à Gaza, et un an jour pour jour après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les manifestant·e·s ont réclamé des gestes concrets de la part d’Ottawa et de Québec.

« Freedom for Palestine », « Boycott Israël » : dans la foule, les slogans sur les pancartes s’adressent au monde entier. Les revendications, elles, ciblent surtout Ottawa et Québec. Auprès du fédéral, les organisateur·rice·s réclament des sanctions contre Israël et un embargo bilatéral sur les armes, c’est-à-dire l’arrêt des ventes et des achats d’armement et de composants militaires entre le Canada et Israël. Au provincial, ils et elles réclament la fermeture du bureau du Québec à Tel-Aviv, ouvert sous le gouvernement de François Legault. À ces revendications s’ajoute la demande de libération de tous les prisonnier·ère·s politiques palestinien·ne·s, dont le nombre s’élève à environ 10 000, selon les plus récents rapports des organisations non gouvernementales.

L’appel à manifester est soutenu par 140 organisations, selon le Mouvement de la jeunesse palestinienne. Sur place, la mobilisation prend plusieurs visages, comme celui de Neturei Karta International (NKI), une organisation internationale juive religieuse à but non lucratif, dont les activistes condamnent l’occupation israélienne en Palestine. Du côté du monde syndical, le président du Conseil central du Montréal métropolitain-CSN, Bertrand Guibord, est également présent. L’organisme regroupe près de 400 syndicats et représente plus de 110 000 travailleur·euse·s dans la région de Montréal. Plus loin dans la foule se trouvent des membres de Médecins du Québec contre le génocide à Gaza, un regroupement de soignant·e·s québécois·es investi·e·s pour la cause palestinienne. 

Au micro, Boutaïna Chafi, l’une des organisatrices du Mouvement de la jeunesse palestinienne à Montréal. Présent dans plusieurs pays arabes et occidentaux, ce collectif transnational rassemble des jeunes Palestinien·ne·s de la diaspora. Sa branche montréalaise organise régulièrement des manifestations au centre-ville. 

Ce samedi, le message de Boutaïna Chafi tient en une priorité : les armes. « Mettre fin à l’approvisionnement d’armement vers Israël, c’est ce qui va avoir le plus d’impact sur le génocide en cours, sur l’occupation », affirme-t-elle, selon Le Devoir.

À l’échelle locale, cette réclamation prend la forme de la campagne Elbit hors du Québec, menée par le Mouvement. Son objectif : obtenir que les fournisseurs, sous-traitants et institutions basés au Québec, notamment sur l’île de Montréal, cessent toute collaboration avec Elbit Systems ou toute fourniture de composants à l’entreprise. Établie à Haïfa, Elbit Systems figure parmi les principaux fournisseurs de l’armée israélienne, notamment en drones.

Au milieu de la foule, les militant·e·s et les manifestant·e·s déploient un immense drapeau de la Palestine. La date du jour n’est pas anodine : le 10 octobre 2025 était entré en vigueur le cessez-le-feu négocié dans le cadre du plan du président américain Donald Trump. Pourtant, un an plus tard, « seules deux mesures sur les vingt ont été réalisées », relève Courrier international. Le média indique également que 1 500 Palestinien·ne·s ont perdu la vie depuis la trêve et que l’armée israélienne occupe plus de 60 % de la bande de Gaza. 

Plus de 100 organisations humanitaires, parmi lesquelles Amnistie internationale, dénoncent qu’à la suite du déclenchement de la guerre, après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël qui a fait 1 221 morts, les tueries et les privations à Gaza n’ont jamais cessé, malgré l’accord de cessez-le-feu. Depuis cette date, 74 200 personnes ont été tuées à Gaza, d’après le ministère de la Santé de l’enclave.

À quelques mètres du rassemblement, une poignée de contre-manifestant·e·s, entouré·e·s par des policier·ère·s du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), sont venu·e·s manifester leur soutien à l’État d’Israël, en déployant des drapeaux israéliens ainsi qu’un drapeau du Québec.

Aux alentours de 15 h, le cortège de manifestant·e·s a entrepris une marche dans le centre-ville en direction du consulat général d’Israël. 

Ce samedi 10 octobre, d’autres manifestations propalestiniennes ont réuni des milliers de personnes partout dans le monde. Dans les rues de Londres, 250 000 personnes ont manifesté, selon les organisateur·rice·s, à l’appel de la Palestine Solidarity Campaign, qui réclame l’imposition de sanctions complètes contre Israël. À l’échelle internationale, l’Alliance mondiale pour la Palestine a comptabilisé au moins 325 événements, dont 176 en Europe, notamment à Berlin, Rome, Bruxelles et Dublin.

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