Près de 200 personnes étaient présentes à Montréal pour manifester leur soutien aux lycéen·ne·s français·es, le 17 octobre 2026. Courtoisie : Joséphine Dao-Devenyns
Près de 200 personnes étaient présentes à Montréal pour manifester leur soutien aux lycéen·ne·s français·es, le 17 octobre 2026. Courtoisie : Joséphine Dao-Devenyns

De la France au Québec, la colère lycéenne trouve un écho

Depuis près d’un mois, des lycéen·ne·s français·es bloquent leurs établissements scolaires et manifestent pour dénoncer le manque de moyens dans l’éducation, la dégradation des écoles et leurs conditions d’études. Le samedi 17 octobre dernier, leur mobilisation s’est mêlée à une contestation plus large contre la vie chère, dans une journée marquée par de violents affrontements, des pillages et d’importants dégâts dans toute la France. À Montréal, près de 200 personnes se sont rassemblées en solidarité avec le mouvement.

À Montréal, près de 200 personnes se sont réunies au square Phillips le samedi 17 octobre dernier, avant de marcher vers le consulat de France, pancartes à la main, en soutien aux lycéen·ne·s français·es. Dans une ambiance calme et pacifique, des représentant·e·s de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM), de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FÉCQ) et de l’Union étudiante du Québec (UÉQ) ont pris part au rassemblement. La mobilisation a aussi mis de l’avant des enjeux québécois : précarité étudiante, financement de l’éducation, logement et rémunération des stages.

En France, la mobilisation change d’échelle

Né dans les lycées à la fin du mois de septembre, le mouvement dénonce le manque de moyens, la dégradation des établissements, les classes surchargées, les emplois du temps jugés trop lourds et le manque d’enseignant·e·s. Les lycéen·ne·s réclament également la suppression de Parcoursup, la plateforme nationale qui encadre les demandes d’admission en première année d’enseignement supérieur en France. 

La jeunesse dénonce aussi la réponse des autorités, alors que des milliers de jeunes ont été placé·e·s en garde à vue depuis le début de la mobilisation et que plusieurs manifestant·e·s ont été blessé·e·s lors d’interventions policières. Le 17 octobre, la mobilisation a changé d’échelle : les revendications lycéennes se sont mêlées à celles d’étudiant·e·s, de syndicats et du mouvement social des Gilets jaunes, dans une contestation plus large contre la vie chère et la dégradation des services publics. Entre 550 000 et 800 000 personnes ont manifesté dans tout le pays, au cours d’une journée marquée par des affrontements avec les forces de l’ordre, des incendies et des pillages dans plusieurs villes. 

À Montréal, ces revendications trouvent un écho, dans une mobilisation toutefois bien plus calme qu’en France. « On vit des enjeux de précarité financière étudiante, d’austérité dans le réseau d’enseignement supérieur », souligne le secrétaire général et porte-parole de la FAÉCUM, Frédéric Beaudet. Une raison de plus, selon lui, « de se mobiliser pour montrer qu’il y a des enjeux qui sont les mêmes ici au Québec ».

« Sur le manque d’argent, on rejoint les Français »

Pour l’étudiante au Cégep de Saint-Laurent Camille Castonguay, les revendications des lycéen·ne·s français·es rappellent les difficultés vécues dans son propre établissement. « Dans mon école, c’est principalement le manque d’argent, le problème, précise-t-elle. Plusieurs pavillons ont dû fermer, parce qu’ils sont en train de tomber en ruine. Donc, sur le manque d’argent, on rejoint les Français. »

Pour l’enseignant au primaire à Montréal Théo Lassure, la mobilisation est pleinement justifiée. « Je trouve ça très légitime, que ce soit au niveau des lycéens ou à celui des enseignants », soutient-il. Il cite notamment le « manque de moyens pour la santé mentale et celui pour les enseignants et les élèves ». Au-delà du financement, il pointe également « le tri social, les inégalités scolaires, les inégalités sociales, territoriales, le manque de professeurs » et « un mépris total de l’insalubrité des établissements ».

Les manifestant·e·s dénoncent la répression policière lors des mobilisations des lycéen·ne·s en France depuis plusieurs semaines. Courtoisie : Joséphine Dao-Devenyns

Pour le président de la FÉCQ, Abdelmajid El-Mouhib, le mouvement français invite surtout à la réflexion les étudiant·e·s du Québec. « Si eux réussissent à se mobiliser en étant tous solidaires, pourquoi est-ce que nous, on n’est pas capables ? » demande-t-il.

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