Un guide alimentaire est en développement à la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) pour aider la communauté étudiante à mieux s’alimenter. Porté par la coordinatrice aux affaires universitaires en fin de mandat, Sonia Bachelier, ce guide recensera les ressources existantes et offrira des conseils pour gérer son budget et réduire le gaspillage. Soutenue par plusieurs associations étudiantes, l’initiative vise à lutter contre l’insécurité alimentaire étudiante.
Selon une étude de la professeure titulaire à l’École de psychoéducation Véronique Dupéré, de la professeure adjointe au Département de médecine sociale et préventive Rosanne Blanchet, de la conseillère à la recherche spécialisée en statistiques sociales Clémence Courdi et de la professeure adjointe au Département de nutrition Geneviève Mercille, près d’un·e jeune entre 19 et 25 ans sur deux est touché·e par l’insécurité alimentaire au Québec. Une précarité que beaucoup d’élèves n’osent même pas avouer, souligne la coordinatrice aux affaires universitaires de la FAÉCUM, Sonia Bachelier. « L’insécurité alimentaire, ça va souvent de pair avec la précarité financière, et elle, elle va de pair avec la honte », explique-t-elle.
C’est dans cette optique que la Fédération a pour projet de faire un guide alimentaire pour les étudiant·e·s de l’Université de Montréal. L’idée, portée par Mme Bachelier, est en développement depuis maintenant cinq mois.
Initiatives d’ailleurs
Lors d’une visite à l’Université du Québec en Outaouais, Mme Bachelier a découvert le guide alimentaire de la Table de concertation sur la faim et le développement social de l’Outaouais, qui vise à pallier les difficultés que les étudiant·e·s ont à se nourrir durant leurs études, soit en raison d’un manque de ressources financières et de temps, soit d’une méconnaissance des produits locaux et des ressources proposées à proximité. « Dans un objectif de prévention, ce guide veut donner toutes les ressources pour que jamais, ou du moins le moins possible, tu tombes dans une période d’insécurité alimentaire », poursuit la coordinatrice aux affaires universitaires de la FAÉCUM.
Principalement destiné et distribué aux étudiant·e·s aux études postsecondaires, le document donne des conseils pour mieux s’alimenter et des astuces pour mieux gérer son budget. Mme Bachelier s’en est inspirée pour partager l’idée à l’échelle de l’Université de Montréal, une idée qu’elle espère voir se développer à terme dans tout Montréal.
Afin d’établir les différents aspects du guide, elle collabore avec de nombreux·ses acteur·rice·s présent·e·s sur le campus, notamment avec le Centre de l’engagement étudiant, le Soutien à la communauté étudiante internationale et l’Unité du développement durable. Elle sollicite également les ressources socioéconomiques, l’équipe de l’Accueil et soutien à la communauté étudiante, ainsi que l’Association des étudiants en nutrition de l’Université de Montréal (AÉNUM) et le Département de nutrition. Le guide comprendra plusieurs rubriques, comme « Comment établir son budget », « Comment manger de façon équilibrée pour moins cher », ou encore « Comment manger local à petit prix ». Il mettra aussi en lumière des ressources offertes gratuitement sur le campus, que la communauté étudiante ne connait pas forcément.
Mme Bachelier souhaite aussi aller beaucoup plus loin. Elle veut également mettre en avant le problème de la précarité alimentaire auprès du gouvernement et des étudiant·e·s, et ainsi briser le tabou autour de ce problème présent depuis des années dans la communauté. Elle souhaite que le projet inspire les différents organismes mentionnés dans le guide, comme le Frigo solidaire, créé par les étudiant·e·s Mélodie Houle et Félix Cinq-Mars, à prendre plus d’initiatives autour de l’insécurité alimentaire.
Un projet avec de l’avenir
Le projet est totalement gratuit et intéresse déjà certains étudiant·e·s, comme l’étudiante internationale de première année au programme de qualification en droit Leila Seube. « Parfois il y a des choses qu’on ne fait pas forcément bien ou des infos qu’on n’a pas, souligne-t-elle. C’est toujours bon de prendre des conseils. » L’étudiante de première année au baccalauréat en psychologie Marie Bernard ne sait pas pour sa part si elle « appliquera à sa vie » les conseils du guide, mais elle prendra tout de même le temps de le consulter.
Le guide alimentaire sera offert au début du trimestre d’automne 2026.