Culture

S’investir et investir : l’important rôle du mécène

Artistes et artisans ne pourraient pas créer sans l’argent investi par différentes parties. Outre la contribution de l’État, le financement vient d’entreprises, mais aussi de gens passionnés qui contribuent financièrement et humainement à la culture québécoise. Ces personnes, ce sont des mécènes tels Maurice Forget, un homme d’affaires philanthrope, pour qui encourager les arts est une priorité.

 

M.Forget est d’abord amateur d’art et collectionneur aguerri. «Mes parents garnissaient les murs de la maison de nombreuses oeuvres d’art. C’était chose normale pour eux», affirme-t-il. Mécène, l’avocat de formation l’est en quelque sorte depuis toujours. Dès son jeune âge, il s’engage dans bon nombre d’activités communautaires du milieu culturel, donnant son temps faute de pouvoir contribuer financièrement. Rapidement, il commence à acheter des oeuvres d’art d’artistes québécois et continue d’être actif dans le milieu culturel en s’investissant personnellement au sein de plusieurs organismes, dont le Conseil des arts de Montréal (CAM). Cela lui vaut une décoration de l’Ordre national du Canada, dans la catégorie Philanthropie pour les domaines de l’éducation, de la santé et des arts.

Maurice Forget a été récompensé par de nombreux prix, comme le prix Arts-Affaires en 2009, pour son implication dynamique dans la communauté artistique. «Souvent, le mécénat implique une participation personnelle au sein des organismes assistés, du temps qu’on donne à ceux-ci. On parle ici d’un group limité de personnes qui appuient en profondeur un art ou un autre. À mon sens, le mécénat implique du désintéressement; on n’espère pas faire de gains en contribuant », confirme M. Forget.

Le don de l’art

Maurice Forget a longtemps possédé une importante collection de tableaux, qui se retrouve maintenant majoritairement au Musée de Joliette. C’est la passion de l’homme d’affaires qui l’a motivé à bâtir à même sa demeure un réel musée de l’art québécois: «je voulais faire une collection encyclopédique de l’art du Québec de 1950 à 1970. Lorsque j’ai fait le tour de cette période, il m’a semblé opportun de l’offrir au Musée de Joliette. J’ai par la suite commencé une collection sur l’art plus actuel, et ensuite une sur l’art des années 1930 et 40», raconte M. Forget. C’est également lui qui s’occupe de la collection d’oeuvres d’art chez Fasken Martineau, où il est avocat-conseil. « J’ai toujours été chanceux de pouvoir à la fois collectionner pour moi et pour mon entreprise. J’ai fait une donation totale d’environ 450 œuvres au Musée de Joliette. La collection chez Fasken Martineau est en construction depuis environ 30 ans et compte plus de 400 oeuvres et continue de croître », explique l’avocat.

Contrairement à la pratique ancienne du mécénat, il est de nos jours plus rare de trouver un mécène qui commande des oeuvres et encourage exclusivement quelques artistes. Effectivement, les mécènes préfèrent plutôt s’investir en collaboration avec des organismes culturels, comme les fondations des musées par exemple. «Les mécènes s’associent avec des institutions et sont généralement en symbiose avec leurs objectifs. Il se crée donc une relation de réciprocité, un certain partage », souligne Maurice Forget, qui fait partie des amis du Musée d’art contemporain depuis plusieurs années. M. Forget reconnaît l’importance de l’art au coeur de notre société ; pour lui, le mécénat est «un geste de charité qui permet d’améliorer la société dans laquelle on vit».

 

Le B.A. BA. du mécénat

 

Le terme «mécénat » provient du personnage de Caius Cilnius Maecenas, un célèbre défenseur des arts du temps de la Rome antique. Le mot s’est ensuite popularisé pour finalement devenir une expression commune signifiant une personne qui soutient la culture par divers moyens, principalement financiers. Cette pratique permet à plusieurs artistes et organismes de vivre en plus d’encourager la promotion des arts et lettres. De nos jours, le mécénat conserve le même rôle. Il s’est cependant développé une tendance plus marquée pour le mécénat d’entreprise, selon lequel une compagnie offre un soutien financier, humain ou matériel, et ce, sans quelconque compensation. Le don est au coeur du principe du mécénat, que ce soit le don de son temps, de son amour pour l’art ou de son argent. Les investissements provenant du secteur privé sont nécessaires afin d’assurer la santé économique du patrimoine culturel. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’état reconnaît la qualité d’une déduction fiscale aux dons afin d’encourager les investisseurs. Reste que le rôle du mécène dépassera toujours la simple contribution financière ; il s’implique personnellement et possède un réel intérêt pour le domaine culturel.

 

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