Regards croisés sur l’environnement est un balado présenté sur les ondes de CISM 89,3 depuis le 28 octobre 2025 et produit par la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal. Quartier Libre est allé à la rencontre de son animateur, le professeur titulaire de philosophie Christian Nadeau.
Quartier Libre (Q. L.) : D’où vient l’idée de ce balado ?
Christian Nadeau (C. N.) : À l’origine, la Faculté des arts et sciences a voulu réunir différents départements pour voir les possibilités de collaboration sur les questions environnementales.
L’objectif n’était pas forcément de se concentrer sur des projets de recherche, mais plutôt d’explorer les voies de traverse qui existent à travers les différentes disciplines, de façon à initier un dialogue interdisciplinaire sur l’environnement.
Chaque département a ainsi présenté sa contribution dans la discipline. Ensuite, j’ai proposé de créer un réseau de discussion qui aboutirait à un ouvrage collectif composé d’entretiens. J’ai eu l’idée de réunir deux ou trois spécialistes à chaque fois pour discuter et répondre à des questions prévues, tout en étant flexible. L’idée a été retenue.
Par la suite, nous avons organisé des rencontres préparatoires, mais les collègues qui voulaient jouer le jeu nous ont dit : « Pourquoi ne pas faire quelque chose avec ces entretiens au-delà du livre ? Pourquoi ne pas les conserver sous forme d’enregistrement pour faire des balados ? » Finalement, nous avons décidé de réaliser un ouvrage collectif sur la base de ces derniers.
Q. L. : Pourquoi vouliez-vous mettre l’accent sur l’interdisciplinarité ?
C. N. : À l’université, très souvent, nous travaillons en vase clos. Pourtant, des collaborations sont possibles sans qu’elles soient pour autant « régimentées » par des programmes de recherche ou des demandes de subvention, ou quelque chose de très contraignant. Nous étions donc motivés à créer un dialogue interdisciplinaire.
Le sujet de l’environnement, par définition, appelle à une interaction interdisciplinaire, et c’est ce que nous voulions réaliser avec ce projet. Les questions environnementales touchent à des considérations politiques, scientifiques, anthropologiques, ou encore aux sciences sociales.
Q. L. : Comment sélectionnez-vous les personnes intervenantes ?
C. N. : Évidemment, nous identifions d’abord des gens dont une partie de leur travail porte sur des questions environnementales. Idéalement, cette discipline doit se retrouver dans leurs recherches ainsi que dans leur enseignement.
Dès que nous en identifions plusieurs, nous leur envoyons des invitations. Ensuite, nous créons des paires parmi les personnes qui acceptent l’invitation. Par exemple, nous essayons d’éviter de regrouper des personnes d’un même département.
Quand vous demandez à un chimiste de parler à une historienne ou vice-versa, vous leur demandez, d’une certaine manière, de traduire leur pensée pour que ce soit compréhensible pour une personne qui n’est pas dans cette discipline.