Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) a pris fin pour de bon ce mercredi 19 novembre.
Cette abolition se concrétise après l’annonce du gouvernement caquiste le 6 novembre dernier de mettre fin au programme. En parallèle, le premier ministre, François Legault, a officialisé une réduction du seuil annuel d’immigration. Une limite de 45 000 personnes sera en vigueur dès l’an prochain, et ce, jusqu’en 2029. En 2025, le plafond était de 60 000.
« Le retrait du PEQ est tout simplement un affront pour la communauté étudiante internationale, a réagi la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) sur les réseaux sociaux le jour de l’annonce. La CAQ doit cesser de démoniser la communauté étudiante internationale et reconnaître son apport essentiel à la société québécoise. »
Le gouvernement avait déjà suspendu le PEQ pour les diplômé·e·s en octobre 2024, puis pour les travailleur·euse·s étranger·ère·s temporaires le 5 juin 2025. Le lundi 17 novembre dernier, une centaine de manifestant·e·s ont ainsi défilé dans les rues de Montréal pour dénoncer l’abolition du programme.
Le PEQ permettait aux étudiant·e·s diplômé·e·s et aux travailleur·euse·s internationaux·ale·s d’obtenir un Certificat de sélection du Québec (CSQ), étape majeure préalable à la demande de résidence permanente au Canada. Désormais, les futur·e·s immigrant·e·s devront se tourner vers le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) afin de décrocher le CSQ.
Étudiant·e·s dans le flou
Marie* a obtenu un diplôme d’études professionnelles (DEP) en secrétariat au centre de formation professionnelle Léonard-De Vinci. Elle et son conjoint, en fin de DEP en informatique, comptent se rabattre sur le PSTQ pour obtenir la résidence permanente.
« Nous sommes donc dans l’incertitude totale de la suite, sachant que nous sommes ici avec nos deux enfants, révèle-t-elle. On avance et, si nous devons rentrer en France, nous le ferons, mais ce n’est clairement pas ce que nous voulons. »
L’étudiant de troisième année au doctorat en sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Louis Pitois est quant à lui plus serein, après avoir initialement ressenti de la panique à la suite de l’annonce du 6 novembre. « Je suis ici depuis 2016, j’ai gradué d’un baccalauréat et d’une maîtrise, j’ai travaillé dans la restauration et j’ai quelques expériences d’auxiliaire de cours et de recherche », affirme-t-il. Par conséquent, il est confiant que, grâce à son « profil très intéressant », il peut « appliquer maintenant au CSQ et avoir [sa] résidence permanente dans 12 à 24 mois. »
De son côté, l’ancien étudiant au DEP en photographie commerciale au centre de formation professionnelle de Verdun Zakaria Selmani, établi au Québec depuis deux ans, a terminé son programme. Il estime que l’entrée en vigueur des nouveaux changements aurait pu être plus équitable, « en tenant compte [des personnes établies] qui ont déjà investi temps et énergie. »
Il aurait ainsi souhaité la mise en place d’une « clause grand-père », ou clause de droits acquis, qui aurait maintenu les dispositions du PEQ aux personnes admissibles avant sa fin le 19 novembre, « afin de préserver les droits de ceux qui sont déjà bien engagés dans leur parcours. »
* L’intervenante n’a pas dévoilé son nom de famille.