Halloween approche à grands pas, ce qui est le moment parfait pour se plonger dans le cinéma d’horreur. Afin de pimenter les soirées des adeptes de sensations fortes tout en soutenant l’art d’ici, Quartier Libre propose une incursion dans le monde de l’horreur québécoise.
Peau à peau (2025)
Dans ce film anxiogène, Rose-Marie Perreault incarne Pénélope, une mère désabusée et épuisée par les circonstances de sa vie. Entre une dépression post-partum, de nombreuses nuits sans sommeil, ainsi qu’un traumatisme lié à un vol à main armée violent dans un dépanneur, Pénélope perd pied avec la réalité et tombe dans une spirale chaotique et destructrice. La réalisatrice, Chloé Cinq-Mars, affirme s’être inspirée de sa propre période de dépression post-partum pour façonner le récit de son premier long-métrage. Peau à Peau, œuvre cinématographique féministe et coup de poing, est un véritable cri du cœur et un porte-voix pour les femmes réduites au silence. Chloé Cinq-Mars permet ainsi d’ouvrir un dialogue autour de la santé mentale des femmes, afin de libérer la parole et d’offrir une nouvelle perspective sur la maternité. Présenté en avant-première lors du dernier festival de films Fantasia, Peau à peau est sorti sur les écrans québécois le 3 octobre 2025.
Thanatomorphose (2012)
Le réalisateur Éric Falardeau (titulaire d’un baccalauréat en études cinématographiques de l’Université de Montréal) est un habitué du cinéma horrifique et a été l’auteur de moult courts-métrages dérangeants pendant ses années universitaires. En 2012, il a livré son premier long-métrage, Thanatomorphose. L’intrigue, directe grâce à sa simplicité, met en scène un corps en décomposition. Après une relation sexuelle avec son partenaire, une femme constate que son corps pourrit progressivement, sans qu’elle puisse remédier à la situation. Ce film aborde le dégoût, le grotesque, la condition humaine, ainsi que le corps et jusqu’où les limites de sa transformation peuvent aller dans l’extrême avant qu’il cesse d’être considéré comme « humain », le tout dans un hommage au body horror, sous-genre horrifique popularisé par les films du réalisateur canadien David Cronenberg. Thanatomorphose est offert gratuitement sur la plateforme Tubi.

Sur le seuil (2003)
Patrick Sénécal fait partie des auteur·rice·s horrifiques les plus prolifiques du Québec et ses livres ont fait l’objet de nombreuses adaptations audiovisuelles. Sur le seuil, du réalisateur Éric Tessier, qui porte à l’écran le roman éponyme de M. Sénécal, raconte l’histoire d’un psychiatre, Paul Lacasse, qui tente d’élucider le mystère entourant la mort de Thomas Roy, écrivain de romans d’horreur qui aurait tenté de se suicider. Au fur et à mesure de son enquête, Paul constate que parmi les onze derniers crimes ayant eu lieu à Montréal, Thomas Roy s’y trouvait aussi, sa présence étant inexplicable pour le psychiatre. Sur le seuil brouille les balises de la réalité et plonge la tête la première dans le monde de l’occulte, s’inscrivant dans un registre de l’horreur axé sur la religion et ses dérives. Sur le seuil est offert sur la plateforme ICI TOU.TV. Un abonnement est requis.

Karmina (1996)
En 1996, bien avant Vampire humaniste cherche suicidaire consentant, Karmina, autre œuvre cinématographique vampirique, avait fait les manchettes au Québec. Ce film met en scène une jeune vampire qui fuit la Transylvanie pour éviter un mariage arrangé et se réfugie au Québec chez sa tante Esméralda. Elle boit alors une potion qui la transforme temporairement en humain, ce qui lui fait éprouver des sentiments comme la souffrance, mais aussi l’amour. Cette comédie d’horreur déjantée reste un petit ovni dans le paysage cinématographique québécois, ce qui en a fait un film culte. Le long-métrage de Gabriel Pelletier étonne et ravit grâce à des personnages flamboyants et des effets spéciaux kitsch, mais populaires à son époque. Karmina est offert sur la plateforme Éléphant Films.

Tom à la ferme (2014)
La première suggestion est sans conteste la plus populaire, mais elle donne une idée de ce qui se fait de mieux en matière d’horreur au Québec. Le film, adapté de la pièce de théâtre éponyme de Michel-Marc Bouchard, narre l’histoire de Tom, qui se rend dans le village d’enfance de son défunt conjoint, Guillaume, afin d’assister aux funérailles de celui-ci. Arrivé sur les lieux, personne ne le connaît et il réalise ainsi que Guillaume n’a jamais révélé son homosexualité aux habitant·e·s de sa ville natale. Tom, perdu dans un environnement opposé au sien, se retrouve également sous l’emprise psychologique de Francis, le troublant frère de son conjoint décédé. Mêlant violence et homoérotisme, Tom à la ferme figure parmi les films les plus étranges et énigmatiques de la carrière de son réalisateur, Xavier Dolan. Le long-métrage est offert sur la plateforme Netflix.
Rouge sang (2013)
Ce film, réalisé par Martin Doepter, retrace la vengeance d’une femme face à ses bourreaux. Ce scénario résolument unique suit la mère de trois enfants, Espérance, à l’époque de la Nouvelle-France. Un soir de 31 décembre, elle reçoit la visite de soldats britanniques qui veulent se mettre à l’abri du blizzard. Alors qu’ils sèment le chaos et menacent la quiétude de la maisonnée, Espérance se persuade que ces soldats sont responsables du meurtre de son mari. Elle devient alors prête à tout, même à tuer, pour rester en vie et protéger ses enfants. La réalisatrice n’hésite pas à faire couler le sang à profusion, empruntant les codes du sous-genre horrifique du slasher, dans lequel les personnages meurent un à un sous les coups d’un·e assaillant·e. La particularité du film repose sur le fait que l’agresseuse est une victime qui cherche l’émancipation à travers la vengeance. Rouge sang est proposé en DVD dans le catalogue de la BAnQ.