Si vous vous attendez à un simple film de chat et de souris entre un criminel et des policiers, vous vous êtes trompé d’adresse. Rares sont les films historiques agréables sur des criminels qui se regardent comme un documentaire.

Avec son histoire aux allures d’abord conventionnelles, Mad Dog Morgan ne réinvente pas les histoires de criminels et de policiers. Or, contrairement à un simple divertissement d’été comme Public Enemies, un film sur le voleur de banque John Dillinger qui a sévi pendant la Grande dépression aux États-Unis, Mad Dog Morgan ne se contente pas d’être un banal film de chat et de souris entre un criminel et la justice. En effet, derrière chaque vol armé de Daniel Morgan, le réalisateur Philippe Mora se demande avec perspicacité si l’époque coloniale australienne a enraciné dans l’esprit des gens la conviction que le crime est une voie à envisager lorsqu’on est loin de la civilisation.
Ajoutons aussi à cela la performance percutante de feu Dennis Hopper. Que son personnage rit, donne l’impression de se réconforter dans la joie, se saoule ou commette des vols, Hopper fait sentir le désillusionnement et surtout la frustration de Morgan envers une société coloniale qui, selon ses pensées intérieures, lui avait promis gloire et fortune. De plus, qu’on se le tienne pour dit : par sa réalisation très conventionnelle, jamais Mora ne glorifie les gestes de Daniel Morgan et s’en tient à une présentation factuelle des crimes du personnage.
En somme, Mad Dog Morgan peut sembler très ordinaire au premier coup d’œil. Cependant, derrière cette apparence trompeuse, ce film australien amène avec brio le spectateur dans l’intimité d’un criminel.
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Mad Dog Morgan
Australie (1976), drame biographique, 102 minutes
Réalisateur : Philippe Mora
Distribution : Dennis Hopper, Jack Thompson et David Gulpilil