« Aucune de ces certitudes ne valaient un cheveu de femme » : C’est un Meursault sensuel que Moni Grégo met en scène dans son adaptation du roman l’Etranger, de Camus, au théâtre Denise-Pelletier.

A l’occasion du 50ème anniversaire de la disparition d’Albert Camus, écrivain, philosophe, et journaliste engagé, le théâtre Denise-Pelletier a voulu lui rendre en hommage en accueillant la compagnie Théâtrale de la Mer, originaire du sud de la France. L’Étranger est ici représenté par Pierre-Jean Peters. A travers la figure de Meursault, il incarne tous les personnages du roman : à tour de rôle directeur d’asile, juge, ou bien aumônier, Pierre-Jean Peters mime, s’agite, s’esclaffe, hurle. Loin des réciteurs immobiles, il incarne un Meursault-narrateur vivant, fumant une cigarette, jouant au foot, construisant un château de cartes : l’acteur prend littéralement possession de la scène.

Une mise en scène sobre donc, qui laisse toute la place à l’homme, et aux cinq sens. La brûlure du soleil, le rayonnement de la mer, les couleurs du sable doré, l’odeur de la nuit… Le spectateur a l’impression d’y être, en Algérie. Certains éléments de la pièce restent cependant opaques. On ne comprend pas bien pourquoi le personnage de Meursault lit des extraits de la pièce comme pour appuyer ses propos : mise en abyme obscure. Une projection d’Alfred Camus, imitant un toréador, laisse aussi perplexe. L’Etranger de Moni Grégo et Pierre-Jean Peters reste somme toute une très belle adaptation d’un monstre sacré de la littérature. À voir.
L’Etranger est présenté au théâtre Denise-Pelletier du 29 septembre au 23 octobre.
Rencontres Camus et la jeunesse à la Grande Bibliothèque et au Théâtre Denise-Pelletier le 5, 8, et 9 octobre,