Une scène pour la relève

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Par Raphael Boivin-Fournier
lundi 13 mars 2017
Une scène pour la relève
L'ensemble d'improvisation libre électroacoustique (ILÉA) de l'UdeM. Crédit photo : Courtoisie Kevin Gironnay
L'ensemble d'improvisation libre électroacoustique (ILÉA) de l'UdeM. Crédit photo : Courtoisie Kevin Gironnay
Un spectacle peu commun attend les amateurs de musique qui se rendront au Gesù le 17 mars prochain. Pour la première fois, un concert interuniversitaire réunira des compositeurs et interprètes du Conservatoire de musique de Montréal, de l’École de musique Schulich de l’Université McGill et de la Faculté de musique de l’UdeM. Regard sur une soirée historique.

Initiative du Vivier, un organisme de diffusion pour la relève musicale, le concert vise la consolidation des relations entre étudiants-musiciens d’universités différentes. « L’idée nous est venue de programmer cette soirée, car il semblait évident qu’il y avait quelque chose d’intéressant et d’inédit à ce niveau », indique la responsable des communications du Vivier, Stéphanie Hamel. Plus qu’un simple concert, le spectacle représente aussi une occasion de rencontre pour les participants. « Notre but, en organisant un concert interuniversitaire, est de faire constater la diversité des styles qu’il y a dans les différentes facultés et de permettre la création de contacts de manière plus large », explique-t-elle. Pour elle, il est fondamental de créer des liens un peu partout si l’on veut percer dans le milieu.

Réunir des étudiants de plusieurs institutions est une initiative très pertinente, d’après l’étudiante au baccalauréat en musique de l’UdeM Maggie Ayotte. « Même en s’y intéressant, il est souvent difficile d’avoir accès à ce qui se fait chez les étudiants des autres universités, explique-t-elle. On rencontre des gens d’un peu partout dans les camps, mais c’est essentiellement le seul moment où on a l’occasion de découvrir leur musique et de travailler avec eux. » En ce sens, une soirée comme celle du 17 mars lui donne envie de s’impliquer pour en proposer davantage.

Des compositeurs enthousiastes

Peu conventionnel dans ce type de soirée, le premier morceau consiste en une improvisation présentée par le collectif ILÉA et son fondateur, l’étudiant à la maîtrise en composition Kevin Gironnay. Libre de contraintes d’interprétation, la dizaine de musiciens présents sur scène aura pour mandat de créer quelque chose d’unique. « On veut avant tout avoir du plaisir, explique Kevin. Nous avons très hâte de voir ce que réservent les autres musiciens et de tenter, avec eux, de créer un spectacle mémorable. » Pour le jeune compositeur, l’évènement constitue une opportunité de faire découvrir sa musique à un public de connaisseurs.

Maggie Ayotte exprime également un grand intérêt pour l’événement. « Je m’attends à de belles surprises et à des rencontres enrichissantes », explique celle qui présentera sa pièce Noyade, inspirée par le sentiment d’oppression que peuvent ressentir les gens aux prises avec des problèmes de santé mentale. La compositrice espère pouvoir échanger avec les différents participants et stimuler ainsi sa soif de création.

Pour le groupe Vivier, cet enthousiasme qui ressort chez les participants est, entre autres, dû à l’éclectisme de la programmation, préparée à la suite d’un appel de candidatures opéré directement par les facultés. « Nous sommes très fiers de notre programmation et de la qualité des œuvres qui y figurent », déclare Mme Hamel. La sélection suit les recommandations d’un jury réuni spécifiquement pour l’occasion et auquel les membres du Vivier ne participaient pas, laissant une grande liberté aux institutions.

Oeuvres de la soirée :

Université de Montréal  : Ensemble ILÉA, Improvisation – Maggie Ayotte, Noyade

Université McGill : Jing Liu, Méditations – Keith Stratton, Ammophila Breviligulata – Henri Colombat, Trois danses tordues

Conservatoire de musique de Montréal : Hans Martin, Comment dire (2015) – Xavier Madore, Abysses (2016)