Un doctorant de l’UdeM remporte la bourse Fernand-Seguin

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Par Camille Dufétel
jeudi 11 juin 2015
Un doctorant de l'UdeM remporte la bourse Fernand-Seguin
Renaud entamera dès septembre un stage à l'émission Découverte. Crédit photo: Gaëlle Chognard
Renaud entamera dès septembre un stage à l'émission Découverte. Crédit photo: Gaëlle Chognard
Le doctorant en sciences biomédicales à l’UdeM Renaud Manuguerra-Gagné a remporté la bourse Fernand-Seguin le 6 juin dernier. Celle-ci représente l’une des plus prestigieuses bourses en journalisme scientifique au Canada.

Le texte de nature scientifique qui a permis à Renaud de remporter ce prix, remis lors du congrès de l’Association des communicateurs scientifiques du Québec, porte sur l’épigénétique. Son article, intitulé « Les souvenirs dans la peau », et sous-titré « Quand la mémoire d’une cellule est assez forte pour influer sur notre comportement », s’intéresse aux impacts de nos chocs émotionnels et de nos activités sur la façon dont est lu notre ADN.

« Cela peut avoir un impact sur certaines zones de notre cerveau, et sur notre façon d’être, assure le doctorant. Un soldat qui revient d’une zone de guerre se sent toujours prêt pour le prochain combat : pour lui, la vie normale n’existe plus. Hypothétiquement, ce changement dans la lecture de l’ADN pourrait mener, dans certains cas, à des maladies d’ordre psychologique. » Selon une autre hypothèse, cette modification pourrait être transmise aux générations suivantes, explique Renaud.

Le doctorant s’intéresse dans son quotidien aux cellules souches. « Je n’ai pas écrit un texte portant sur mes propres recherches, sinon cela n’aurait pas été du journalisme scientifique, affirme-t-il. J’ai identifié ce sujet sur l’épigénétique en février dernier, et ça m’a intéressé parce que ça se trouve à la frontière de la science ; il y a une base biologique, mais on entre presque dans la science-fiction. » Le doctorant explique avoir lu un premier article dans lequel un chercheur montrait que les phobies étaient héréditaires chez les animaux. Après s’être documenté sur le sujet, il a contacté plusieurs chercheurs et s’est lancé dans la rédaction de son article, qui ne devait pas excéder 15 000 caractères, espaces compris.

Vers une carrière de communicateur scientifique

« Je suis content de mon travail, mais je ne m’attendais pas à gagner », assure Renaud, qui s’intéresse depuis quelque temps à la vulgarisation scientifique et qui a d’ailleurs complété un certificat en journalisme à l’UdeM. Je me suis rendu compte que je voulais faire de la communication scientifique, poursuit-il. Je pense que je ferai un meilleur travail dans ce domaine, plutôt que d’être un chercheur. En ce moment, et surtout dans un contexte de coupes, c’est vraiment important pour les chercheurs de sortir des laboratoires et de parler de ce qu’ils font. »

En 2014, Renaud avait remporté le 3e prix du jury lors de la finale nationale du concours Ma thèse en 180 secondes. 

Sa bourse lui permettra dès septembre prochain, et à l’issue de son doctorat, de commencer un stage à l’émission Découverte. Il aura également l’occasion d’effectuer un stage d’un mois à La Presse et deux autres mois de stage parmi les médias participants. Il remporte de plus un montant de 12 000 $.