Un assistant qui a du chien

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Par Charlotte Morand
jeudi 14 février 2019
Un assistant qui a du chien
Louky aide Émilie avec son angoisse. Crédit photo : Courtoisie Émilie Veillette.
Louky aide Émilie avec son angoisse. Crédit photo : Courtoisie Émilie Veillette.
Des chiens se baladent dans les couloirs de l’UdeM. Ceux-ci sont formés ou sont en cours de formation pour soutenir des personnes en situation de handicap, ou nécessitant les bienfaits de la thérapie assistée par l’animal. Quartier Libre est allé à la rencontre de membres de la communauté universitaire et de leur pitou.

Étudiante au baccalauréat en enseignement primaire, Laurence fait partie des 16 étudiants qui s’occupent d’un chiot de la fondation Mira (voir encadré) au Québec. « Dans mon entourage, il y avait un enfant autiste qui a complètement changé quand il a eu son chien, explique-t-elle. J’ai trouvé ça tellement beau que j’ai voulu faire ma part là-dedans. »

Le travail de bénévolat de cette dernière, comme celui des 300 autres familles d’accueil, consiste à socialiser le chiot durant sa première année de vie. La responsable en communication et image de marque à la fondation Mira, Sara Pontbriand, explique qu’il s’agit de faire évoluer les chiots dans des environnements stimulants afin de les exposer au plus grand nombre de situations possibles, avant que l’organisme ne les entraînent spécifiquement en fonction de leur future tâche. « Les cours à l’université sont ainsi un bel exercice pour les chiots », ajoute-t-elle.

Une fois formés, les chiens d’assistance visent à soutenir les personnes qui en sont bénéficiaires, à l’instar de l’étudiante au certificat de criminologie Émilie Veillette. Cette dernière est propriétaire d’un chien qu’elle entraîne elle-même avec l’aide de l’organisme Canid’aide pour pallier son trouble en santé mentale. « Mon chien a commencé à apprendre certaines tâches pour m’aider avec mon anxiété, explique-t-elle. Cela m’aide beaucoup, y compris pour mes études. » Les deux étudiantes interrogées affirment ne pas avoir rencontré d’opposition ou de difficulté particulière à l’UdeM. « En général, je trouve que ça se passe bien, je n’ai aucun commentaire négatif de mes professeurs et ils sont même intéressés », raconte Émilie.

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Une mascotte en science politique

Au 4e étage du pavillon Lionel-Groulx, il n’est pas étonnant de croiser Lennon, le chien d’assistance du professeur au Département de science politique Pierre Martin. « C’est un peu la mascotte du Département », souligne la technicienne spécialisée en coordination du travail de bureau Jocelyne Sauvé.

Le chien est dans la famille du professeur Martin depuis plus de 10 ans pour réduire le stress de son enfant autiste et de son entourage. Comme la fondation Mira impose qu’un chien d’assistance ne soit pas laissé seul sur de longues périodes de manière régulière, Lennon accompagne souvent le professeur à l’Université. Pour Pierre Martin, le chien favorise une atmosphère positive. « Le fait qu’il soit avec nous, dans les cours ou en situation de réunion, réduit le stress », soutient-il.

1. L’étudiante a préféré ne pas donner son nom de famille.

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