Campus

Tous frères et soeurs

Sigma Thêta Pi, et Zeta Lambda Zeta, sont respectivement une fraternité et une sororité, qui ont pour particularité d’être reconnues par l’UdeM. Quartier Libre s’immisce dans les dessous de ces fratries.

Quand vous rencontrez un de leurs membres, vous pourrez entendre parler de mixer, de pledge, d’alumni, mais aussi de la dernière soirée en date, ou encore, de l’élection de Monsieur panhellénique, le plus bel étalon de la fraternité. Bienvenue dans l’univers parallèle de la fraternité !

La fraternité Sigma Thêta Pi et la sororité Zeta Lambda Zeta sont toutes deux reconnues par l’UdeM, à titre de groupe d’intérêt. C’est la deuxième université francophone à reconnaître un tel type d’association. Comme nous l’explique Julien Caudroit Van Cauwenberghe, président de Sigma Thêta Pi, la procédure semble assez simple: «On s’est présenté au recteur pour expliquer nos valeurs. Les fraternités ont souvent une image négative à cause d’une minorité, on voulait expliquer qu’on n’était pas de cette lignée.»

Cette reconnaissance apporte certains avantages : droit d’affichage d’encarts sur les babillards, mais aussi aide financière de la Maison de la solidarité de l’UdeM, qui encourage les initiatives et projets des étudiants. En contrepartie, les membres doivent rédiger une charte des valeurs et signer une entente avec l’Université : «C’est un garde-fou, explique Julien. Ils ont les règlements. Cela assure qu’il n’y aura pas de bizutage plus tard.»

Deux organismes affiliés, gents féminine et masculine dissociées. Cette non-mixité est expliquée par Mylène d’Urvoy, coprésidente de Zeta Lambda Zeta: «Les fraternités mixtes ont déjà existé, mais ça ne marche pas. Il y a trop d’histoires entre filles et garçons. Ça crée des embrouilles.» Alors que Sigma Thêta Pi a été créé en 2003, Zeta Lambda Zeta en est à sa première année.

Attention lecteur, effusion de bons sentiments: Pour Manon, la sororité permet de «créer un véritable sentiment d’appartenance. C’est une expérience personnelle. » Danika s’exalte : «On vient de différents pays, de différentes régions, mais on s’aime toutes comme une famille.» Selon Émilie, d’origine française comme la plupart des nouveaux membres, c’est aussi le côté très américain qui attire.

Du côté fraternité, même élan d’enthousiasme de la part de Denis, 22 ans : «Je suis arrivé fin août à Montréal, et je ne reste qu’une session. Pour moi la frat, c’était le meilleur moyen de pouvoir sortir de mon bloc d’immigrés français.»

Devenus pledge en septembre dernier après une soirée de recrutement, ils vont maintenant être formés aux valeurs de leur groupe. Le recrutement ne semble pas vraiment sélectif. C’est simple, les Zeta Lambda Zeta ont répondu positivement à toutes leurs candidatures. Pour les Sigma Thêta Pi, 19 recrues sur une trentaine de demandes. Sur quel critère ? Julien Caudroit en parle : « Ça se passe surtout au feeling. On tient aussi à respecter une certaine internationalité des membres. »

Si la sororité met en avant le côté groupe de filles et pyjama party, les membres de la fraternité n’ont qu’un seul mot à la bouche : réseau. Christophe, alumni, en témoigne : «J’ai trouvé mon emploi grâce à la fraternité. » Ce réseau professionnel est basé sur l’excellence universitaire, comme nous l’explique très clairement Julien Caudroit : «Qui dit bons résultats, dit bons diplômes, dit bon travail, donc utilité pour le réseau de la fraternité.» Les notes sont ainsi vérifiées, et les membres peuvent être privés de party en cas de manquement scolaire. L’épée de Damoclès plane au dessus de leur tête !

Un ou deux évènements par mois sont organisés : soirées poker, mixers… Après notre entrevue, ces mêmes membres de Sigma Thêta Pi, arborant fièrement leur superbe survêtement rouge aux initiales de la frat, se font accoster par deux jeunes étudiants : «Hé, c’est quand votre prochaine party?» Le financement de soirées provient avant tout des cotisations des membres. Selon Julien Caudroit, Sigma Thêta Pi serait la fraternité la moins chère de Montréal : environ 100 $ par année. Pour alimenter leur fonds, ces groupes mettent aussi en place des partenariats, souvent avec des entreprises d’anciens membres. Réseautage, on vous dit ! Ce financement a permis à la fraternité d’acquérir un huit et demi.

La fraternité, c’est aussi la philanthropie, la morale, le bien pensant : bénévolat, politique antidrogue et anti-alcool, anti-bizutage, entraide… Émouvantes déclarations à l’appui, comme celles d’Aleesha Lalanne, 18 ans, coprésidente de Zeta Lambda Zeta: «Les pledges, c’est comme nos enfants, on prend soin d’elles. » Ou encore du président de la fraternité Julien Caudroit : «On leur apprend nos valeurs… par exemple, apprendre à être plus galant ! »

Petit Lexique

Mixer: Soirée mixte où les hommes des fraternités rencontrent les femmes de la sororité

Pledge : Recrue

Alumni :Vétéran, ancien de la fraternité.

Fraternités  101

Regroupement qui réunit des étudiants qui souhaitent tisser des liens, se faire des contacts ou s’engager dans leur communauté. La tradition d’associer des lettres grecques aux fraternités nous vient des États-Unis.

N’entre pas qui le souhaite dans les fraternités. Les membres choisissent les pledges selon des critères de leur choix, des résultats scolaires à l’origine ethnique jusqu’à l’apparence physique, tout est possible.

Partager cet article