Sur le devant de la scène

icone Campus
Par Lou Curien
vendredi 12 avril 2019
Sur le devant de la scène
Frédéric Bérard anime une capsule sur Youtube, nommé "Club de lecture avec Frédéric Bérard". Photo : Benjamin Parinaud.
Frédéric Bérard anime une capsule sur Youtube, nommé "Club de lecture avec Frédéric Bérard". Photo : Benjamin Parinaud.
Les universitaires sont les experts en lesquels le public a le plus confiance, selon le sondage annuel de l’agence de relations publiques Edelman1. C’est la liberté universitaire, inscrite dans la charte de l’UdeM, qui permet à tout professeur d’être entièrement libre de prendre la parole et de participer aux débats publics. Quartier Libre a rencontré deux d’entre eux, qui s’illustrent régulièrement dans les médias.

Le chargé de cours en droit à l’UdeM Frédéric Bérard (photo) intervient dans de nombreux médias : à la télévision, dans des journaux ou encore à la radio. « Ça permet de faire passer certains messages, explique le professeur, qui écrit régulièrement des chroniques dans le journal Métro. Le milieu universitaire snobe souvent les médias populaires et je pense que c’est une grave erreur qui l’encloître dans sa propre science en refusant de la faire circuler auprès de la population. »

Avec plus de 25 000 gazouillis à son actif sur le réseau social Twitter, le professeur à la Faculté de science politique de l’UdeM et spécialiste de la politique américaine Pierre Martin présente les médias sociaux comme un moyen de diffuser ses articles. « Je tweete en tant qu’individu qui est aussi un universitaire, affirme M. Martin. Il ne faut pas se prendre trop au sérieux et prendre tout au pied de la lettre. Mais il y a une certaine retenue en tant que professeur. »

M. Martin définit son devoir comme celui de répondre à l’actualité et de traiter la réalité de manière critique. « On me reproche souvent d’être biaisé, regrette-t-il. Seulement, on ne me demande pas d’être neutre, mais objectif, c’est-à-dire de traiter la réalité telle qu’elle est, sans être partisan. »

Contrer les fausses nouvelles

« Aujourd’hui, on a besoin des universitaires pour contrer les fausses nouvelles, car si on ne le fait pas, qui va le faire ?, interroge M. Bérard. Il faut amener nos connaissances dans l’espace public. Certains principes fondés sur la science doivent être défendus. » Il précise avoir une capsule dans un journal où il répond aux lecteurs, ce qui lui permet de créer des ponts avec le public.

« Ce que je défends, c’est la vérité, la connaissance fondée sur des faits avérés, la rigueur intellectuelle et certaines valeurs fondamentales », précise M. Martin. Pourtant, le professeur n’a pas pour objectif de traquer les fausses nouvelles, même s’il parle de la diffusion de ses articles comme d’une manière de présenter la vérité, en opposition aux fausses nouvelles qui circulent sur Internet.

À l’UdeM

« Les professeurs parlent en leur nom et en fonction de leur expertise dans leur domaine, précise l’attachée de presse de l’UdeM, Julie Cordeau-Gazaille. À moins qu’un professeur tombe dans un discours haineux proscrit par la loi, l’Université n’a pas à prendre position sur les opinions émises par son corps professoral. »

L’attachée de presse indique que l’Université encourage ses professeurs à participer au débat public. « Les connaissances qu’ils développent dans le cadre de leurs travaux de recherche sont nécessaires pour éclairer et faire avancer les débats de la société », précise-t-elle.

M. Bérard remarque qu’il est indiqué dans les conventions collectives que les professeurs doivent faire rayonner leurs recherches. Selon lui, cela passe par une vulgarisation et une présentation à un public plus large que le public universitaire.

1. Baromètre de confiance, Edelman 2018, Canada.