scolarité en attente

icone Societe
Par Coralie Mensa
mercredi 12 février 2014
scolarité en attente
Le retour aux études peut s’avérer difficile pour les étudiants décidés à faire une session ou une année de césure. (crédit photo : Adil Boukind)
Le retour aux études peut s’avérer difficile pour les étudiants décidés à faire une session ou une année de césure. (crédit photo : Adil Boukind)

Interrompre ses études pendant une session ou plusieurs années est une possibilité pour les étudiants souhaitant prendre du recul. Certains souhaitent enrichir leur curriculum vitae, d’autres voyager, mais cette pause n’est pas garante d’un retour harmonieux aux études.

«Après mon baccalauréat en communication, je savais que je voulais continuer mes études, mais j’hésitais entre le journalisme et le droit », raconte l’étudiante au diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en journalisme Catherine Tremblay. Lassée d’être aux études, elle a décidé de faire une césure d’une session et en a profité pour faire un stage en journalisme et suivre un cours de droit. Une pause déterminante qui a confirmé son intérêt pour le journalisme et lui a même redonné le goût des études. «Je voulais aussi savoir si j’allais m’ennuyer de l’école, et ça a été le cas assez rapidement», remarque-t-elle.

Pour nombre d’étudiants, interrompre leurs études entre deux diplômes permet de souffler et de réfléchir à l’avenir. C’est parfois une solution qui s’impose pour certains étudiants en difficulté, par exemple pour ceux qui ont fait de mauvais choix d’orientation. « Au lieu de s’embarquer à nouveau dans n’importe quoi, l’étudiant peut profiter d’une pause pour explorer des pistes d’orientation en faisant du bénévolat ou des petits travaux à temps partiel, explique la psychologue et coordonnatrice du secteur de soutien à l’apprentissage du Centre étudiant de soutien à la réussite (CÉSAR), Dania Ramirez. Cela permet ensuite à l’étudiant de mieux revenir aux études.»

Prendre de l’expérience

L’étudiant au DESS en journalisme Charles Doiron fait partie de ceux qui ont voulu tester le marché du travail. «Au début de mon arrêt d’études, j’ai essayé de trouver un emploi dans mon domaine, dans ma région, explique l’ancien étudiant en études anglaises et interculturelles à l’Université de Sherbrooke. Mais cela n’a pas vraiment marché avec juste un baccalauréat et pas beaucoup d’expérience. » La difficile entrée sur le marché du travail lui a confirmé qu’il lui fallait poursuivre ses études. «Je m’étais trouvé un emploi alimentaire qui n’avait pas rapport avec mes études et je me suis rendu compte que j’avais besoin d’un travail plus stimulant intellectuellement», raconte-t-il.

Prendre une pause est aussi une option pour les étudiants en situation financière précaire. «C’est l’occasion pour eux de travailler à temps plein pour économiser de l’argent et reprendre leurs études plus sereinement », soutient la psychologue et coordonnatrice au CÉSAR. Enfin, c’est bénéfique pour les étudiants souffrant de surmenage. «Prendre une session de repos leur permet de prendre soin de leur santé et de mener un questionnement sur leur présence à l’université ou leur choix de carrière», précise Mme Ramirez.

D’autres étudiants saisissent l’opportunité offerte par la césure pour voyager. C’est le cas de l’étudiante au baccalauréat en communication Maribel Courcy. « Après avoir terminé mon secondaire, je ne savais pas ce que je voulais faire comme métier, se rappelle l’étudiante. Puis, je me suis dit que c’était le moment ou jamais pour voyager parce que j’étais jeune et sans attache. » Pendant cinq ans, Maribel a parcouru l’Europe et l’Asie.

Elle en a profité pour apprendre des langues étrangères et exercer des emplois de traductrice. En voyageant, elle assure avoir appris à mieux se connaître et a accumulé sur le terrain des connaissances précieuses qui lui servent aujourd’hui dans ses études.

«Voyager m’a ouvert l’esprit et m’a permis de développer un grand sens de l’adaptation », affirme-telle. Si depuis son départ Maribel savait qu’elle reviendrait un jour aux études, le retour n’en a pas été moins difficile. « Cela faisait longtemps que je n’avais pas étudié à l’école et j’ai mis quelques mois à me motiver», admet celle qui envisage déjà de partir en Afrique avant de faire une maîtrise.

Bien planifier pour éviter les dangers

Le retour aux études demande une préparation, et la gestion de cette étape est primordiale. «Il faut avoir un projet de retour autant que possible et le préparer pendant la césure», conseille la coordonnatrice du service d’orientation scolaire et professionnelle du CÉSAR, France Dodier.

Un retour réussi est avant tout une question de motivation, selon Dania Ramirez. «Quand on revient pour les bonnes raisons, peu importe le temps d’arrêt, on s’y remet rapidement », assure-t-elle. Il s’agit donc de bien choisir son programme d’études pour rester motivé par le retour à l’université.

Interrompre ses études ne convient toutefois pas à tous les étudiants. «Faire une césure pour fuir les difficultés des études et faire de la procrastination n’est pas bénéfique », remarque la psychologue du CÉSAR.

Il existe aussi des formations où il est nécessaire de poursuivre ses études. « Par exemple, un étudiant en ergothérapie a intérêt à aller faire sa maîtrise professionnelle, rappelle Mme Dodier. Par contre, dans d’autres domaines d’études, il est préférable d’aller acquérir de l’expérience sur le marché du travail.»

Prendre une pause peut aussi casser le rythme des études. «Interrompre ses études au cours d’un baccalauréat est plus nuisible que prendre une pause entre deux écoles ou deux diplômes, affirme France Dodier. L’étudiant perd son réseau. Quand il reprend le programme, il ne retrouve plus les personnes avec qui il avait créé des liens. » Elle considère aussi que c’est une mauvaise idée de prendre une pause lorsqu’on est sur le point d’être diplômé.

 

  • PARTAGE