Profession: décodeuse

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Par Benjamin Ntouo-Ngouoni
lundi 14 mars 2016
Profession: décodeuse
Rébecca Lapointe participe au comité d’organisation de l’Institut transdisciplinaire d’informatique quantique (INTRIQ), un forum de pratique pour les étudiants en informatique des cycles supérieurs. Crédit: Sarah Bouchaib
Rébecca Lapointe participe au comité d’organisation de l’Institut transdisciplinaire d’informatique quantique (INTRIQ), un forum de pratique pour les étudiants en informatique des cycles supérieurs. Crédit: Sarah Bouchaib
L’étudiante au doctorat en informatique de l’UdeM Rébecca Lapointe s’intéresse au décodage informatique depuis sa jeunesse. Elle a converti cette passion en profession et souhaite maintenant transmettre son engouement à une nouvelle génération d’étudiantes.

Quartier Libre (Q.L.) : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer en informatique ?

Rébecca Lapointe (R.L.) : J’ai toujours eu une passion pour les mathématiques et l’informatique. Je me suis lancée dans le domaine, car j’adore résoudre des problèmes.

Q.L. : Quel a été votre parcours avant d’arriver à ce doctorat en informatique ?

R.L. : Je détiens un diplôme d’études collégiales en techniques de l’informatique et une maîtrise en informatique. J’ai aussi travaillé pendant un an en entreprise à titre de programmeuse.

Q.L. : Dans quel domaine effectuez-vous votre thèse de doctorat ?

R.L. : Mon domaine de recherche est l’informatique théorique, plus précisément la cryptographie quantique, qui est semblable à la cryptographie classique. Elle sert à effectuer plusieurs tâches comme envoyer des messages secrets, préserver l’anonymat et vérifier l’identité des parties dans une communication. Je trouve ça fascinant, car l’histoire de l’humanité est pleine de secrets codés, on en découvre souvent dans de vieux livres ou d’anciennes maisons. Je trouve qu’il est intéressant d’essayer de décoder des choses. J’ai toujours essayé de tout décoder, même si je perdais mon temps quand il ne s’agissait pas d’un message codé.

Q.L. : Quel sujet aborderez-vous lors de votre allocution durant la conférence et qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

R.L. : Je parlerai de mon sujet de doctorat, la cryptographie. Mais je vais aussi traiter du sujet de façon plus générale puisqu’il y aura des étudiantes de cégep dans le public. Je veux leur montrer que quand un sujet nous passionne, il ne faut pas s’empêcher de l’explorer même si on est peu de femmes à s’y intéresser. J’aimerais aussi pouvoir leur montrer qu’on peut faire des études supérieures sans se stresser, car beaucoup de jeunes femmes ne veulent pas en faire parce qu’elles veulent avoir une carrière rapidement, une sécurité d’emploi ou des enfants. Je suis la preuve qu’on vit bien quand on fait ce qu’on aime. Et si je peux les intéresser à mon sujet de thèse en particulier, tant mieux, je peux en parler longtemps !

Q.L. : Jugez-vous qu’il y a assez de femmes en informatique à l’heure actuelle ?

R.L. : Il y aura assez de femmes en informatique lorsque toutes les femmes souhaitant être en informatique le seront. Je vois mal comment on pourrait forcer les femmes à se diriger dans ce domaine ; je vois mal aussi comment on pourrait empêcher les hommes de s’y impliquer.

Q.L. : Y a-t-il un message en particulier que vous souhaitez transmettre aux étudiantes ?

R.L. : Je veux montrer que j’ai choisi un domaine qui me passionne même si j’y suis minoritaire en tant que femme. Je vais aussi encourager les jeunes filles à vivre leur passion, que ça soit en informatique ou autre chose. J’aimerais qu’elles voient qu’on peut être une femme heureuse et épanouie même dans un domaine où il y a peu de femmes.

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