Campus

L’UdeM préoccupée par le GHB

Le Bureau d’intervention en matière de harcèlement de l’UdeM (BIMH) a reçu, l’automne dernier, dix plaintes relatives à l’intoxication au GHB, ou drogue du viol. Il s’agit du double des plaintes que le BIMH reçoit normalement en une année. Y a-t-il raison de s’inquiéter pour la sécurité des étudiants de l’UdeM ?

 La directrice du BIMH, Pascale Poudrette, reconnaît que certains des dix cas d’intoxication au GHB seraient survenus sur le campus et aux environs de l’Université lors d’événements organisés par des associations étudiantes. Elle n’est toutefois pas en mesure de confirmer le nombre exact d’intoxications qui ont eu lieu sur le campus. « La situation est préoccupante, affirme Mme Poudrette. Ces dix cas sont de trop, et on doit en parler. »

 L’automne dernier, trois associations étudiantes ont signalé à la Fédération des associations étudiantes du campus de l’UdeM (FAÉCUM) qu’un ou plusieurs de leurs membres ont ressenti les effets attribués au GHB à la suite de soirée sur le campus. « On a su par les associations étudiantes et par la sûreté de l’UdeM qu’il y avait clairement des gens qui essayaient de contaminer des verres d’alcool avec du GHB lors d’événements sur le campus », affirme le coordonnateur à la vie de campus de la FAÉCUM, Tiago Silva.

« Les cas sont rares, mais au sein même de la FAÉCUM, une membre de l’exécutif a ressenti les symptômes évidents d’une intoxication après une tournée des 5 à 7, renchérit Tiago Silva. Ça a déclenché une grosse sonnette d’alarme. »

Confronté à ces faits, le porte-parole de l’UdeM, Mathieu Filion, reconnaît l’existence de plaintes relatives à la drogue du viol. « Oui, l’UdeM était au courant de ces faits, avoue-t-il. Par contre, il faut être prudent et s’assurer qu’il s’agit véritablement de cas d’intoxication au GHB. »

Les plaintes reçues par la FAÉCUM sont directement confiées à la sûreté de l’UdeM qui, à son tour, avise le BIMH. « On dirige tout de suite l’étudiant à l’urgence d’un hôpital où il remplit des documents, explique la directrice du BIMH. Des tests sont faits pour détecter des traces de GHB et de contact physique. »   

 Préoccupant, mais pas alarmant

« Un cas de harcèlement est un cas de trop, affirme Tiago Silva. On veut enrayer ce problème jusqu’au point zéro. » Le coordonnateur affirme toutefois qu’il ne faut pas considérer les événements organisés sur le campus comme dangereux. « On veut sensibiliser les étudiants à cette réalité, mais pas de là à déclencher l’état d’alerte, soutient-il. Les soirées 5 à 7 ne sont pas plus dangereuses ici qu’ailleurs. C’est faux de dire que le GHB fait des ravages à l’UdeM. »

 Le propriétaire du Tabasco Bar, Sacha Ragueneau, n’a connu aucun incident de la sorte dans son établissement situé à proximité du campus. « Je n’ai jamais été confronté à pareille situation, affirme-t-il. Je crois que le quartier est moins à risque que le centre-ville, mais c’est sûr qu’il faut protéger son verre et rester avec ses amis, peu importe où on sort. »

 L’étudiante en médecine dentaire Élise Godin partage d’emblée ce principe. « J’avais déjà le réflexe de surveiller mon verre, que ce soit lors des fêtes sur le campus ou n’importe où ailleurs, souligne-t-elle. Je ne me sens pas plus en danger ou plus en sécurité ici qu’ailleurs. »

 

 La prochaine semaine de sensibilisation du comité de prévention du harcèlement débutera le 7 mars prochain et aura comme thème principal la consommation responsable. « Les gens consomment de plus en plus le GHB de façon volontaire, explique Pascale Poudrette. Ça les met dans des situations à risque. » Mme Poudrette prévient qu’il est difficile de connaître les limites de cette drogue.

(Crédit illustration: Mélaine Joly)

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