Le «non» du nom

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Par Amandine Hamon
vendredi 2 novembre 2018
Le «non» du nom
La manifestation a réunie environ 200 personnes malgré la pluie. Crédit photo : Benjamin Parinaud.
La manifestation a réunie environ 200 personnes malgré la pluie. Crédit photo : Benjamin Parinaud.
Environ 200 étudiants de McGill se sont rassemblés mercredi pour protester contre le nom de leur équipe sportive, « Redmen », qu’ils jugent offensant pour les étudiants autochtones.

« Revendiquer un changement de nom permet de comprendre l’histoire complexe, surtout à l’université, et non de la nettoyer pour oublier, lance le président du comité des affaires autochtones de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM), Tomas Jirousek. Nous souhaitons faire pression sur l’administration en rendant ce type de revendication public. »

Un vote pour changer le nom de l’équipe est déjà prévu du 9 au 12 novembre prochains, faisant suite à la recommandation d’un groupe de recherche mandaté par McGill en 2016 pour étudier la question autochtone à l’Université.

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Un nom qui dérange

S’il renvoie à la base à la couleur de l’équipe, qui est le rouge, des symboles liés à la culture autochtone ont été utilisés comme logo par les équipes sportives jusqu’en 1992. Certaines de ces équipes ont également été appelées de manière non officielle les « Indiens » et les « Squaws » dans les années 1960.

« Ce que le nom de Redmen voulait dire à l’origine, ce n’est pas la question, croit Tomas. Notre mouvement s’intéresse à l’interprétation que les étudiants en ont aujourd’hui. Ils se sentent offensés par ce nom et les chants qui vont avec. » Il estime qu’il est mieux d’éviter de faire circuler un nom qui peut contribuer à perpétuer des stéréotypes sur les autochtones.  « C’est aussi une question de santé mentale », conclut-il.

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La directrice du Native Women Shelter of Montréal, Nakuset [voir photo ci-dessus], était présente à la manifestation. « Nous sommes en lutte et vous portez notre nom comme une sorte de badge, a-t-elle lancé. Il ne vous appartient pas. Les leaders de ma génération vieillissent, et nous avons besoin de la jeunesse. Je veux utiliser Tomas [l’organisateur de la manifestation] comme exemple de ce que nous pouvons faire. Nous pouvons changer la société si nous le voulons! »

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Le coordonateur politique du Black Students’ Network of McGill, Abdel Dicko [voir photo ci-dessus], a prononcé un discours. Le voici : 

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Entre chaque tour de parole, des musiciens jouaient des chants traditionnels autochtones. Parmi eux, un chant de bienvenue ainsi qu’un chant pour invoquer les ancêtres et donner de la force [voir photo ci-dessus].

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