La teneur des exigences

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Par Charles-Antoine Gosselin
mercredi 15 octobre 2014
La teneur des exigences
Source : Vice-rectorat aux infrastructures et aux études
Source : Vice-rectorat aux infrastructures et aux études
L’UdeM entame l’effort de redressement budgétaire le plus important depuis les années 1990. Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport a fait parvenir les exigences de compressions qui doivent être remplies par la haute direction d’ici la fin du présent exercice budgétaire, le 30 avril 2015. À la Faculté des arts et des sciences (FAS), 50 postes de chargés de cours seront supprimés dès janvier.
« Il s’agit d’une coupe significative qui aura un impact sur l’ensemble des activités de l’Université. »
Éric Filteau, Vice-recteur aux finances et aux infrastructures de l’UdeM

Entre 150 et 200 chargés de cours pourraient disparaître à la FAS dès l’an prochain. « Avec les prévisions que j’ai reçues des représentants départementaux, j’évaluerais le nombre de coupes précédemment annoncé à la hausse », affirme le président du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UdeM, Frédéric Kantorowski.

Selon des documents obtenus par Quartier Libre, la Fédération des associations étudiantes du campus de l’UdeM (FAÉCUM) croit qu’une somme importante des coupes sera ajoutée au déficit de l’institution qui se chiffre actuellement à environ 150 M$ et qui coûte déjà 9,1 M$ en intérêts par année. « En ce qui concerne les dépenses compressibles à court terme, la plus grande partie du montant provient des dépenses salariales, c’est un montant courant qui est régi par des conventions collectives », soutient le secrétaire général de la FAÉCUM, Vincent Fournier Gosselin.

L’administration est tenue de fournir un plan de redressement au ministère si elle accuse un déficit pour l’exercice en cours. Ainsi, le 29 septembre dernier, l’UdeM a donné son aval à des mesures de redressements immédiates de 11 M$. « De cette somme, 3 M$ sont déjà couverts par diverses mesures gérées centralement, mais les 8 M$ qui restent devront être absorbés par les unités à même leurs enveloppes budgétaires », explique le vice-recteur aux finances et aux infrastructures de l’UdeM, Éric Filteau, dans un communiqué envoyé à la communauté udemienne. Aucune spécification sur les mesures gérées centralement par l’UdeM n’a pu être donnée à Quartier Libre.

Les unités académiques (départements et facultés) et les unités des services (sûreté, direction générale des technologies de l’information et de la communication, services alimentaires…) seront donc responsables des compressions supplémentaires d’environ 1,6 % dans leurs budgets. « Il s’agit d’une coupe significative qui aura un impact sur l’ensemble des activités de l’Université », avise le vice-recteur.

L’offre de cours sera donc réduite dès la prochaine session. « Les ajustements qui ont été proposés à la Faculté sont supérieurs à la moyenne facultaire, ce qui nous donne une certaine marge de manœuvre en cas de compressions futures », présente le directeur du Département de sciences économiques de l’UdeM, Michel Poitevin.

Pour ce même département, le représentant aux affaires externes de l’Association des étudiants et étudiantes en sciences économiques de l’UdeM, Vincent-Olivier Dompierre­-Quinn a annoncé aux étudiants les détails de ces changements. « À court terme, les cours magistraux et obligatoires de première année Principes d’économie ECN 1000 et Intro­duction à la macroéconomie ECN 1050 seront supprimés pour n’être offerts qu’en ligne », écrit-il dans un courriel envoyé le 9 octobre dernier.

Une convocation des acteurs par le recteur a eu lieu le 10 octobre dernier. « L’administration doit démontrer qu’elle est prête à travailler avec nous, mais nous saluons l’effort qu’elle fait pour consulter les acteurs du milieu afin d’étudier les solutions possibles », explique Sanaa Tmimi, présidente intérimaire du Syndicat des étu­diant(e)s salarié(e)s de l’UdeM (SÉSUM).La FAÉCUM, de son côté, rencontrera les directions d’unités jusqu’au 20 octobre.