La recherche en mode manuel

icone Culture
Par Jean-Baptiste Demouy
vendredi 30 novembre 2018
La recherche en mode manuel
Louis concentre ses recherches sur les pellicules de cinéma amateur et de cinéma industriel. (Crédit Benjamin Parinaud)
Louis concentre ses recherches sur les pellicules de cinéma amateur et de cinéma industriel. (Crédit Benjamin Parinaud)
L’atelier La pellicule : objet de recherches, qui explore le monde intime de la pellicule cinématographique, s’est tenu début novembre à l’UdeM. L’événement a examiné les enjeux techniques et méthodologiques relatifs aux recherches sur la pellicule.

Pour l’invité d’honneur de cette rencontre, Louis Pelletier, la pellicule est un objet important pour comprendre l’histoire du cinéma. « Elle va au-delà de l’esthétique, explique le postdoctorant en technique et technologie du cinéma. Elle nous permet de tracer une chronologie et apporte de nombreux éléments sur la période de production ou sur le travail réalisé en postproduction. »

L’aspect physique et matériel de l’objet est un avantage, indique-t-il. La pellicule permet de contextualiser et de mieux comprendre son parcours, mais reste très peu étudiée depuis l’arrivée du numérique. « On voit beaucoup de professeurs qui enseignent le cinéma sans aborder l’aspect matériel du médium, comme si la dématérialisation était arrivée spontanément », regrette-t-il.

Le passé développé

Le doctorant en études cinématographiques à l’UdeM Robin Cauche approfondit ses recherches sur les illustrations musicales des lanternes magiques, l’ancêtre du cinéma. « Il y a beaucoup d’informations qu’on peut tirer de l’objet, lance le coorganisateur de l’atelier. Ces illustrations permettent de comprendre les mécanismes et de recueillir des informations qui ne sont pas forcément numérisées. D’où l’importance d’aller fouiller les archives. » Selon lui, démocratiser l’étude de l’objet cinématographique ne peut qu’améliorer notre compréhension du cinéma.

Louis explique qu’il n’était pas rare, à l’époque des films muets, de tourner avec plusieurs caméras pour les besoins des marchés internationaux. « Jusqu’à la fin des années 1920, on pouvait tirer à peu près 300 copies d’un négatif caméra, déclare-t-il. On tournait donc les séquences plusieurs fois ou avec plusieurs caméras pour multiplier les copies. » Le chercheur note que tous les films de Charlie Chaplin ont été filmés avec au moins deux caméras.