La petite UdeM de Claude Meunier

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Par Raphael Boivin-Fournier
mercredi 14 juin 2017
La petite UdeM de Claude Meunier
Claude Meunier en compagnie du fondateur de Juste Pour Rire, Gilbert Rozon. (Photo: Wikimedia Commons | Jean Gagnon)
Claude Meunier en compagnie du fondateur de Juste Pour Rire, Gilbert Rozon. (Photo: Wikimedia Commons | Jean Gagnon)
À travers le parcours de personnalités ayant marqué le milieu culturel, Quartier Libre propose une série de chroniques explorant près de 140 ans de vie universitaire sur le campus. En vedette, la carrière du réalisateur, auteur et humoriste Claude Meunier et son parcours dans une UdeM en pleine ébullition.

Né le 4 septembre 1951 à Outremont, mais ayant grandi à Laval dans une famille qu’il décrit comme étant très inspirante pour ses créations futures, le jeune Claude Meunier n’a pas eu la confiance nécessaire pour se lancer dans une carrière artistique lorsqu’est venu le temps de choisir une profession. C’est plutôt la Faculté de droit qui l’attire à l’UdeM à la fin des années 1960. Malgré son éparpillement naturel ainsi que sa participation à de nombreux spectacles étudiants qui lui demandent beaucoup de temps, il décroche une licence en 1970 et décide de poursuivre en entamant des études en criminologie. Cela dit, bien qu’obtenant de bons résultats, il devient de plus en plus clair que sa voie se trace sur les planches.

Le passage à l’UdeM de l’auteur de La Petite Vie est fondamental dans son parcours artistique. À l’époque, il traversait chaque matin les couloirs de la Faculté de droit en imaginant tranquillement les personnages et les dialogues de sa première courte pièce de théâtre en tant qu’auteur, intitulée Le party plate. Caricaturant les comportements matérialistes de la génération de ses parents, le texte devenu culte est mis en scène pour la première fois lors d’une soirée étudiante intitulée Les 24 heures de la rue Sainte-Catherine présentée au théâtre du Gésu, au début des années 1970. Pour composer la musique de sa pièce, Meunier fait appel à son colocataire de l’époque et ami de l’Université qui travaillait pour le journal Forum sur le campus, Michel Normandeau.

Ce spectacle est devenu mythique dans l’histoire de l’humour et de la musique au Québec. En effet, Normandeau fait appel à un jeune Serge Fiori pour l’accompagner, donnant ainsi naissance à la première prestation de ce qui deviendra le groupe Harmonium. La soirée propose également l’un des premiers numéros du collectif de la Quenouille Bleue dont les membres Michel Rivard, Michel Hinton, Pierre Huet et Robert Léger formeront quelques années plus tard le groupe Beau Dommage.

Un succès sans précédent

Grâce à la confiance que lui donne le succès de sa courte pièce auprès des gens qui la voient, Meunier décide de se lancer dans une carrière d’auteur. Fort de rencontres majeures survenues lors de son passage au Gésu comme celle de Serge Thériault issu de la Quenouille Bleue ou encore celle de Louis Saïa, avec qui il commence à travailler rapidement, Meunier se positionne comme un auteur prolifique dont l’influence se fera sentir dans les années à suivre. Le party plate, imaginé sur le campus est remanié avec Saïa, devient Les Voisins, un grand succès public et critique lors de sa sortie. Les années de Meunier dans les ateliers de théâtre amateur comme celui de l’UdeM vont également inspirer au duo la pièce Appelez-moi Stéphane, qui aura un succès tout aussi remarquable.

Aujourd’hui, la marque de Meunier sur la culture québécoise est indéniable. Sa volonté de se moquer de tout grâce à un humour absurde et décapant a fait école chez toute une génération d’artistes. Que ce soit sur scène avec Les voisins, à la télévision avec La Petite Vie ou encore au cinéma avec Ding et Dong, le film, Claude Meunier a su rester dans l’imaginaire collectif de plusieurs grâce à la richesse de son œuvre dont l’origine passe par l’UdeM.