Innover pour avancer

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Par Christophe Perron-Martel
mercredi 13 mars 2013
Innover pour avancer
Tristan Péloquin a été chef de pupitre campus au journal Quartier Libre. (Crédit photo: Pascal Dumont)
Tristan Péloquin a été chef de pupitre campus au journal Quartier Libre. (Crédit photo: Pascal Dumont)

Autrefois journaliste et chef de pupitre campus à Quartier Libre, Tristan Péloquin est aujourd’hui un journaliste respecté au quotidien La Presse. Selon M. Péloquin, pour avoir du succès, un bon journaliste doit posséder deux qualités principales : l’audace et la capacité à s’adapter.

« Mon passage à Quartier Libre m’a permis de décrocher un stage à La Presse, affirme sans détour Tristan Péloquin. Les employeurs de La Presse ont jugé intéressantes la couverture et la diversité des sujets traités dans le Quartier Libre, alors ils m’ont engagé. » Parmi les articles ayant attiré l’attention du journal La Presse figurent « Homo erectus », qui traite du travail des acteurs pornos masculins, et « C’est la faute du fédéral », une entrevue exclusive avec l’ancien premier ministre Bernard Landry.

Tristan Péloquin se souvient du contexte bien particulier dans lequel il a fait cette entrevue avec l’ancien premier ministre du Québec. « C’était lors d’une conférence que Bernard Landry donnait à l’UdeM, raconte-t-il. Il avait été évacué d’urgence parce qu’un spectateur s’était avancé trop près de lui, ce qui l’avait visiblement secoué. »

Le journaliste se souvient également qu’à Quartier Libre, à l’époque, la charge de travail était élevée et qu’il n’y avait pas d’interdiction de fumer dans le local. Il a fait son entrée à La Presse en 2002 lors d’un stage et n’en est plus ressorti. Après avoir occupé plusieurs postes, il y travaille comme journaliste web depuis 2009. Ce type de journaliste publie en direct sur le web des vidéos et des articles qui traitent de l’actualité.

Les exigences de rigueur et d’objectivité concernent autant les journalistes traditionnels que les journalistes web, selon Tristan Péloquin. La liberté journalistique, celle de pouvoir choisir un sujet et son angle, ne s’acquiert que plus tard. « De la liberté, je commence à en avoir seulement aujourd’hui, confesse-t-il. La liberté vient avec l’expertise en quelque sorte. »

Du même souffle, le journaliste web reproche à plusieurs de ses collègues de s’asseoir sur leurs lauriers. « En progressant, il y a obligation d’être intéressant, croit-il. Au Québec, beaucoup de journalistes traitent des sujets banals de manière ennuyeuse. Il faut innover, et changer d’angle.»

Journalisme étudiant

Le journaliste web juge que les journaux étudiants, aujourd’hui, ont emprunté la voie de la modernité bien qu’ils aient tardé à le faire. « J’ai vu des étudiants pendant le printemps érable qui publiaient immédiatement leurs articles sur le web et qui amenaient des caméras sur les lieux, se réjouit Tristan Péloquin. Les journaux étudiants doivent s’inspirer des grands médias ; ça a pris du temps, mais maintenant ils le font. »

Tristan Péloquin croit qu’il ne faut pas avoir peur de faire preuve d’audace sans quoi la carrière d’un journaliste risque de tourner en rond. L’ancien journaliste de Quartier Libre a pris le virage du web alors que les médias internet n’en étaient qu’à leurs balbutiements. « C’était durant la course à la chefferie du Parti libéral du Canada en 2006, raconte-t-il. Même si les autres journalistes me regardaient de haut, je n’ai pas hésité. Aujourd’hui, ça paye et je suis respecté. »

Le journaliste web est très occupé à cause de la métamorphose qui a lieu à La Presse. « D’ici peu, La Presse souhaite passer de la version papier à une version tablette, explique-t-il. Depuis deux ans, nous sommes entrés dans une formidable période d’innovation à laquelle nous consacrons beaucoup de temps. »

Pas de regrets

Avant d’être un journaliste épanoui, M. Péloquin a déjà été affecté à la couverture de congrès syndicaux des entreprises du Québec, une expérience qu’il n’a pas appréciée. « Faire un métier que je n’aimais pas a ralenti mon élan professionnel, car j’avais moins envie d’innover à ce moment-là », admet-il. Toutefois, il n’en ressent aucune amertume, car cette expérience lui a permis de jeter un regard critique sur sa carrière. « Ce passage m’a ouvert les yeux, je ne couvrirai désormais que des sujets qui m’intéressent », affirme-t-il.

Aujourd’hui père de trois enfants, le journaliste dit ne plus avoir la possibilité de couvrir des événements à l’international comme il l’aurait souhaité. Il affirme pourtant vouloir se rendre prochainement à Haïti comme il l’a fait lors du séisme en 2010.