Étudier la télé

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Par Julien Tardif
jeudi 20 octobre 2016
Étudier la télé
La post-doctorante Élaine Després en littératures de langue française à la conférence du 6 octobre dernier. Crédit photo : Mathieu Gauvin.
La post-doctorante Élaine Després en littératures de langue française à la conférence du 6 octobre dernier. Crédit photo : Mathieu Gauvin.
Le Club Télé du Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques propose depuis la fin septembre un ensemble de conférences portant sur l’industrie télévisuelle. L’objectif principal est d’offrir aux étudiants une plateforme d’échange participative.
« Le Club Télé crée ainsi un espace où l’on se permet de regarder un épisode complet ou un long extrait, favorisant une analyse poussée et complète » Magali Ouellet, étudiante à la maîtrise en études cinématographiques et coorganisatrice.

«Le terme club n’est pas un choix innocent, note l’étudiant au doctorat en études cinématographiques Marc-Antoine Lévesque, membre du comité organisateur. On cherche la participation des étudiants. » Deux fois par mois, des conférenciers viennent présenter une forme d’art télévisuel, dans l’optique de créer une interaction avec les participants. Pour la session d’automne, des sujets aussi variés que la répétition humoristique dans la série Happy Endings, l’audience de Mad Men ou encore le format de la telenovela brésilienne sont au programme du Club Télé.

Pendant les cours de cinéma, les étudiants abordent de courts extraits télévisuels présentés au fil des théories étudiées, selon l’étudiante à la maîtrise en études cinématographiques Magali Ouellet, aussi coorganisatrice. « Le Club Télé crée ainsi un espace où l’on se permet de regarder un épisode complet ou un long extrait, favorisant une analyse poussée et complète, soutient-elle. La télévision est un média qui s’analyse, se comprend sur le long terme, bien plus qu’à travers de courts extraits. »

À travers le partage et les discussions suivant les présentations, les théories peuvent prendre un nouvel éclairage et peuvent être un complément aux cours offerts. « Les étudiants de mes cours Histoire de la télévision et Cinéma et télévision ont envie de réfléchir au sujet très actuel des séries et plusieurs commencent des mémoires ou des thèses sur des objets télévisuels très variés », raconte la professeure au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques et superviseure du projet, Marta Boni.

Cet avis est rejoint par celui de l’étudiant au baccalauréat en études cinématographiques Charles-Émile Lafrance, présent à la rencontre du 6 octobre dernier. Il trouve enrichissant le visionnement en groupe d’une série télévisée, dans un contexte généralement réservé au cinéma. « C’est intéressant parce que les grosses séries sont de plus en plus cinématographiques et les théories vues en classe se collent facilement à ces propositions télévisuelles », pense-t-il.

Pour Magali, le Club Télé est également un espace où les participants peuvent avoir l’esprit libre, mettre à profit non seulement leurs connaissances d’étudiants, mais également leur intérêt de téléspectateur. « L’expérience du spectateur nous intéresse beaucoup, assure-t-elle. On veut que les extraits soient frais dans l’esprit de tous pour que tout le monde puisse parler de la même chose, séparé seulement par la subjectivité de chacun. »

Une télé en mouvement

La télévision contemporaine cherche constamment à repousser les limites de la forme selon Marc-Antoine. « En ouverture du Club Télé, j’ai présenté des extraits de la deuxième saison d’American Horror Story que j’étudie présentement, raconte-t-il. [La série] met de l’avant de l’expressionnisme allemand remis au goût du jour. Du jamais vu. » Le Club Télé permet une analyse et une étude de ces innovations, comblant un besoin toujours plus grand de découvertes chez les étudiants.

Le genre télévisuel se démarque d’ailleurs par l’importance accordée à la participation et l’implication du spectateur. « De nos jours, toutes les séries télé ont leur site Web, leur page sur les médias sociaux, note Magali. Ils créent et entretiennent une conversation avec leurs téléspectateurs. » Cette tendance multimédia qu’offre la télévision représente autant de nouveaux défis pour la recherche que pour l’enseignement, selon Mme Boni.

« Le Club Télé arrive au bon moment, croit la professeure. Les enjeux du numérique et des nouvelles plateformes, comme Netflix, seront également à prendre en compte. » Avec une télévision en mouvement constant, les possibilités de sujets continueront de se multiplier et l’intérêt pour les séries télé est indéniable chez les étudiants. Mme Boni ajoute qu’un nouveau cours de deuxième année, Introduction à l’analyse des séries télé, est prévu dès l’automne prochain pour répondre à la demande.

Prochaine conférence :

Qu’en est-il de la mise en scène ? Les esthétiques télévisuelles dans Bleu nuit

20 octobre | Carrefour des arts et des sciences | Ouvert à tous

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