Enjeux universitaires et réponses des partis

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Par Administrateur
mercredi 14 octobre 2015
Enjeux universitaires  et réponses des partis
Quartier Libre s’est entretenu avec des candidats des cinq grands partis se présentant aux élections fédérales sur des enjeux qui concernent la communauté étudiante.
Les candidats vert, bloquiste, libéral et néo-démocrate accusent d’une même voix le gouvernement conservateur d’avoir « coupé dans les programmes de recherche et muselé les chercheurs scientifiques ». Le candidat conservateur affirme pour sa part que le financement de la recherche est important pour son parti, « comme en témoigne l’affectation de 119,2?millions de dollars au Conseil national de recherches Canada. »

Propos recueillis par Marie-Michèle Théberge, Amélie Gamache et Camille Feireisen

Le chef adjoint du Parti vert et candidat dans Ville-Marie – Le Sud-Ouest – Îles-des-Sœurs, Daniel Green, l’ancien chef du Parti libéral du Canada et candidat dans Saint-Laurent – Cartierville, Stéphane Dion, la députée sortante et candidate du Nouveau Parti démocratique dans La Pointe-de-l’Île, Ève Péclet, la candidate du Bloc québécois dans Montarville, Catherine Fournier, et le candidat conservateur d’Outremont, Rodolphe Husny, ont accepté de répondre à deux questions sur les enjeux universitaires.

 

Que devrait faire le gouvernement fédéral pour contribuer davantage à la recherche universitaire au Canada ?

Daniel Green : Au Parti vert, nous proposons de rétablir les fonds de la recherche, qui se situent entre 75 000 et 100 000 dollars par année, dans le domaine de l’environnement et des changements climatiques. Nous souhaitons rétablir les programmes qu’avait autrefois le Canada. Actuellement, le gouvernement conservateur n’offre que du cofinancement industriel aux chercheurs. Ce genre de financement favorise le développement des industries, mais aucune recherche sociétale ou environnementale n’est produite. C’est dangereux. Le Parti vert financerait moins les recherches appliquées, mais encouragerait les recherches concernant les énergies renouvelables, comme l’énergie éolienne et la géothermie.

Catherine Fournier : Au Bloc, nous croyons que la recherche universitaire est l’un des facteurs de développement d’une société. Nous prônons donc un réinvestissement massif dans ce secteur. Quand on parle des prêts indirects de la recherche qui sont financés à hauteur de 21?% actuellement, nous pensons qu’ils devraient l’être, au minimum, à hauteur de 40?% […]. Nous ne sommes pas d’accord avec une vision marchande de l’éducation. Les sciences humaines font aussi avancer la société dans laquelle on vit.

Stéphane Dion : Au PLC, nous souhaitons clarifier les rôles entre la recherche universitaire et la recherche industrielle. Nous comptons investir 300 millions de dollars par année dans la recherche industrielle […] et 300 millions dans les technologies directes, notamment celles qui permettent de produire sans polluer […]. L’objectif serait que les organismes de recherche aient une vocation complémentaire, non plus seulement liée à la recherche appliquée et commerciale, mais aussi à la recherche fondamentale […].

Ève Péclet : Au NPD, nous souhaitons investir 105?millions de dollars dans la recherche postsecondaire. Cela donnera la possibilité aux étudiants chercheurs de redevenir des chefs de file internationaux et nationaux. Il faut remettre l’accent sur la recherche fondamentale […]. Concernant les sciences humaines, nous souhaitons rétablir la version longue du formulaire de recensement qui est une source inestimable d’information pour les étudiants, notamment ceux en sciences humaines.

Rodolphe Husny : Au Parti conservateur, nous prévoyons la création d’un système national d’infrastructures de recherche numérique plus efficient et efficace, en accordant 105 millions de dollars à CANARIE. Il est primordial de financer la recherche de pointe. Ce sont donc 243,5 millions de dollars qui seront investis pour garantir la participation du Canada au projet du Télescope de trente mètres, 46 millions de dollars de plus annuellement pour les conseils subventionnaires, 95 millions pour la recherche médicale et 1,33 milliard de plus sur six ans pour la Fondation canadienne pour l’innovation afin de soutenir l’infrastructure de recherche de pointe dans les universités, les collèges et les hôpitaux de recherche […].

 

Lexique :

CANARIE est le réseau qui conçoit et déploie l’infrastructure numérique au Canada dans les milieux de la recherche, de l’éducation et de l’innovation. Avec ses douze réseaux partenaires provinciaux et territoriaux, CANARIE forme le Réseau national de recherche et d’éducation du Canada.

Le Télescope de trente mètres est un projet international de construction d’un des observatoires les plus grands du monde, à Hawaï. Fondé par l’Institut de technologie de Californie, l’Université de Californie et l’Association canadienne d’universités pour la recherche en astronomie, le projet coûtera 1,5 milliard de dollars américains. Le télescope permettra aux astronomes d’étudier des phénomènes astrophysiques et des galaxies.

La version détaillée du questionnaire du recensement n’est plus obligatoire depuis la fin du mois de juin 2010, à la suite d’une décision du gouvernement conservateur. L’Assemblée nationale du Québec à adopté en septembre 2010 une motion à l’unanimité qui dénonce cette décision. Les opposants signalent la perte de qualité de l’information par rapport aux recensements passés puisque des questions sont retirées, portant notamment sur les thématiques de migration, d’emploi, d’éducation et d’habitation.