Éclairs de génies

icone Debats
Par Romeo Mocafico
lundi 18 novembre 2019
Éclairs de génies
Crédit photo : Pixabay
Crédit photo : Pixabay

Pour notre premier magazine de l’année, un numéro de Quartier Libre placé sous le signe de l’énergie. En parcourant le dossier et chacune des initiatives mises en place pour une meilleure utilisation des ressources, un point commun m’est rapidement apparu : tous ces projets sont le fruit d’équipes composées d’esprits à la fois rigoureux et créatifs.

Concevoir la production et l’utilisation des énergies de demain est complexe, il faut le reconnaître. Pour passer de l’idée à la pratique, il faut parfois un éclair de génie.

Je commencerai donc ce magazine par cette ode aux peu nombreux qui réfléchissent pour résoudre les problèmes de tous.

À ceux qui se confrontent aux modèles établis pour les bousculer.

À ces experts, chercheurs, ingénieurs, qui malgré les obstacles, cherchent à placer les termes « viables » et « durables » au cœur de nos modes de consommation.

On entend parfois que leurs luttes sont vaines, et que leurs innovations sont trop en avance sur leurs temps. On pourrait penser à l’inverse que la société est en retard, trop frileuse pour s’adapter. Les bonnes idées ne manquent pourtant pas, rendez-vous page 8 pour vous en rendre compte.

Serait-il temps de se mettre à jour ?

À contre-courant

Nous avons aujourd’hui pleine conscience des enjeux qui entourent la recherche en énergie. L’urgence climatique, comme souvent, fait rapidement irruption dans le débat. Les ressources naturelles disponibles sont limitées et le monde scientifique réagit pour lutter contre le gaspillage d’énergie, la pollution et les conséquences sur la santé.

À ces problèmes, ces génies apportent des réponses multiples. Lorsque certains s’attardent à développer de nouveaux matériaux innovants, comme ces ingénieurs aéronautiques (p. 14-15), d’autres préconisent le recyclage des batteries (p. 10-11). À l’UdeM, l’accent est mis sur la valorisation d’énergies naturelles impérissables pour le confort et la sécurité des étudiants (p. 18-19). D’une manière générale, l’emploi responsable des ressources et des procédés tend pour eux à devenir la norme.

À penser différemment, les chercheurs vedettes de notre dossier pourraient se sentir incompris. Tout le monde ne partage pas ces préoccupations, ou du moins, ne se sent pas concerné par ces initiatives. Jugées trop lentes, trop chères, trop utopiques, il arrive que certaines idées soient sacrifiées sur l’autel de la compétitivité et du savoir acquis. Une difficulté supplémentaire pour ces recherches qui ne demandent qu’à être mises en œuvre.

Son mot à dire

C’est à l’extérieur des laboratoires que se dressent les plus hautes barrières. À l’image des réseaux de chaleur (p. 17), les projets font face à des défis communs : les soucis de financements, des autorisations légales ou normatives sont affaires courantes, ce qui m’amène à un dernier constat.

Nos modes de consommations influent la recherche. Pour être plus clair, nous avons tous notre rôle à jouer dans la réalisation de ces projets. L’argent va où l’intérêt réside, et il se peut que nos choix individuels définissent les décisions à venir. Trop en avance ou trop en retard sur son temps, la société est seule maîtresse de ses énergies.

De quoi voulons-nous que demain soit fait ? La balle est dans notre camp.