Dans la peau d’un autre

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Par Julia Ponte et Marine Petit
mercredi 28 novembre 2018
Dans la peau d’un autre
Cette représentation a été donnée sous la forme d’une lecture théâtrale. (Crédit Benjamin Parinaud, photomontage TUM)
Cette représentation a été donnée sous la forme d’une lecture théâtrale. (Crédit Benjamin Parinaud, photomontage TUM)
La troupe Théâtre Université de Montréal (TUM) a donné sa première représentation de la session d’automne au Centre d’essai avec Transactions. Dans cette pièce entièrement udemienne, l’attribution des rôles a été repensée pour brouiller les frontières du genre.
La réalité étudiante n’a pas de genre finalement. La réalité de la génération Y n’a pas de genre. »
Joanie Vignola - metteuse en scène

Les 23 et 24 novembre derniers, Transactions a représenté les discours des jeunes d’aujourd’hui, explique la metteuse en scène, Joanie Vignola. « C’est une pièce en rapport avec les discours actuels, poursuit-elle. On n’a pas vraiment de notion de personnages. On n’aborde pas vraiment des thèmes, mais plutôt des discours qu’on peut retrouver sur les réseaux sociaux de jeunes dans la vingtaine. »

Jouer l’actualité

Avec l’accord de l’auteure, la metteuse en scène a fait quelques modifications, notamment sur la répartition genrée des dialogues. « On a toute une question autour du genre du personnage, commente-t-elle. Des fois, les comédiens se voyaient plus dans des discours donnés à des jeunes femmes. Donc, avec l’auteure, on a conclu qu’on pouvait mélanger, donner des discours de femmes à des comédiens et des discours d’hommes à des comédiennes. »

Selon Joannie, l’écriture est ainsi directement inscrite dans la binarité. « On a des discours plus reliés au féminin qu’au masculin, mais on en a aussi qui concernent les étudiants en général, note-t-elle. La réalité étudiante n’a pas de genre finalement. La réalité de la génération Y n’a pas de genre. »

C’est en discutant avec la troupe qu’elle a réalisé que certains discours, au départ attribués à un genre précis, rejoignaient autant les femmes que les hommes. C’est pourquoi elle a décidé, dans la mise en scène, de changer la distribution des dialogues et d’ouvrir ces discours à différentes identités de genre. Elle note par exemple qu’un des comédiens, n’ayant jamais eu de relation amoureuse, ne s’est pas senti à l’aise avec l’une de ses répliques concernant l’amour, et a préféré privilégier un autre rôle.

Les relations hommes-femmes sont au cœur de la pièce, comme en témoigne l’étudiante au baccalauréat en informatique Marion Meyers. « Je pense que la pièce touche beaucoup de sujets sensibles en soi, de manière à ce qu’on s’identifie à celle-ci, souligne la comédienne. On peut s’identifier à des événements, à des scènes qui te rappellent quelque chose, qui te rappellent quelqu’un. » D’après elle, c’est le cas de toutes les scènes de la pièce.