COURS DE (DES)ORIENTATION

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Par Romeo Mocafico
jeudi 19 septembre 2019
COURS DE  (DES)ORIENTATION
(Crédit photo : courtoisie Pixabay)
(Crédit photo : courtoisie Pixabay)

Choisir son cursus à l’UdeM suscite tout un tas d’émotions. « Incertitude », « retard », « obsession », « peur », « doute » ; l’expérience de l’orientation n’a pas été des plus agréable pour Juliette et Eléonore (p. 13). S’il est globalement accepté que la rentrée est une période stressante pour les étudiants, celle qui la précède est toute aussi riche en passions. Vous verrez, il ne sera pas question ici d’ivresse de vacances…

Mais de choix d’orientation d’abord…

Avec Affiniti, la nouvelle plateforme de l’UdeM tente d’aiguiller les futurs étudiants hésitants. En se basant sur leurs préférences, le service a déjà pu aider 4 000 indécis depuis le début du mois d’août. Pourtant, malgré leur volonté et leur persévérance, Juliette et Eléonore sont encore en proie au doute. Au départ perdues dans les options de cours, les voici perdues dans l’offre de services d’orientation.

Car Affiniti n’est qu’une des innombrables options offertes aux étudiants pour démarrer leur carrière universitaire. Elle prolonge d’ailleurs le test Cursus, qu’elle complète comme les DMs d’Instagram complètent Tinder. « C’est un bon point de départ », disait une conseillère de l’UdeM. Comprenez les prémices d’un subtil bourbier.

Derrière tout cela réside toutefois une noble cause. Il serait difficile de critiquer la multiplication de ces services, dont les premiers bénéficiaires sont les futurs clients de nos Pavillons. Si certains y trouvent leur compte (on l’imagine), l’UdeM n’est pas sans restes. Pris dans l’engrenage de choix, les étudiants pourraient-ils en être victimes ? Ceux ayant emprunté la voie du commerce ne s’y tromperont pas. Toute offre peut créer sa demande, et les moins avertis risquent de se prendre les manches dans une machine à vendre bien huilée, pour une rentrée sur les chapeaux de roue.

… et d’orientation spatiale ensuite

Ils étaient peu nombreux à se rendre au campus MIL ce matin du mardi 3 septembre. Peu nombreux, certes, mais quelques-uns se sont quand même retrouvés face aux grilles fermées du Complexe des sciences (p. 6). L’ironie de la situation a mené les néo-géographes droit dans la façade en verre du nouveau bâtiment. Un chemin sinueux, tracé façon UdeM, pour une rentrée avortée. Quelle drôle de route pour ces étudiants (dés)orientés.

Finalement, chacun reste libre de tracer sa route. Pouvoir choisir, c’est peut-être ça la bonne direction. Mais les jeunes ont-ils toujours le choix ? Malgré ses doutes, Eléonore est prête à s’investir dans son cursus, et Juliette accepte son parcours tortueux. Leurs trajectoires donnent une saveur particulière à cette idée : « Les étudiants ne trouvent plus leur voie, ils la construisent » (p. 13). Triste ironie pour une rentrée au goût de chantier.