Au cœur du G7

icone Debats
Par Pascale Langlois
vendredi 22 juin 2018
Au cœur du G7
Des aéroglisseurs de la Garde Côtière sont postés sur la plage du village de Saint-Irénée à 20 km de La Malbaie. Un spectacle surprenant dans ce secteur agricole de Charlevoix. (Crédit photo : Raphaëlle Poulin)
Des aéroglisseurs de la Garde Côtière sont postés sur la plage du village de Saint-Irénée à 20 km de La Malbaie. Un spectacle surprenant dans ce secteur agricole de Charlevoix. (Crédit photo : Raphaëlle Poulin)
L’école d’été au G7 en immersion a établi ses quartiers à Baie-Saint-Paul, à 40 km de La Malbaie. Cette formation a permis à une vingtaine d’étudiants de l’UdeM d’accéder aux coulisses du sommet. Une journaliste de Quartier Libre partage son expérience.

L’école d’été du G7 en immersion s’est déroulée à Baie-Saint-Paul du 3 au 9 juin 2018. Six jours passés à vivre de près cet événement mondial qui stimule toutes les spéculations des médias.

Surveillance à La Malbaie

Une certaine paranoïa policière s’est installée au fur et à mesure que la semaine avançait. Notre auberge a été fouillée parce qu’un client a appelé la police. Ce dernier affirmait avoir vu d’autres clients partir de l’hôtel avec des sacs et revenir les mains vides par la suite. Une douzaine de policiers en uniformes et en cravates se sont déplacés pour enquêter l’affaire. Ils ont fait le tour des corridors de l’auberge avant de repartir sans faire aucune arrestation. Autre anecdote, les réseaux téléphoniques et Internet ont été en panne le dernier jour du sommet, empêchant les communications.

La Malbaie n’a pas connu d’état de panique. La présence policière était importante, pour ne pas dire imposante. Les hélicoptères qui ont tourné au-dessus de nos têtes pendant l’heure du dîner nous ont rappelé que même éloignés du centre-ville, nous pouvions être surveillés. La visite de la zone de libre-expression nous a fait réfléchir à ce droit, justement. Cette zone où les manifestations se sont déroulées est ceinturée d’un côté des clôtures de la défunte Formule E de Montréal et de l’autre du fleuve Saint-Laurent. Seule issue de cette zone : une rue gardée par des dizaines de policiers de la Sûreté du Québec.

Comme plusieurs conférenciers l’ont mentionné, le G7 est avant tout un spectacle. Les forces de l’ordre démontrent qu’ils ont tout en contrôle, les chefs d’État montrent qu’ils sont influents et les manifestants tentent d’attirer l’attention sur le message qu’ils souhaitent transmettre.

Régler le sort du monde… ou presque

Avant l’école d’été, j’aurais sans doute été la première à dire que c’est une perte de temps et d’argent. Mais, en décortiquant toutes les rencontres préalables, en lisant toutes les propositions faites par les groupes civils, je dois dire que c’est un outil de discussion entre les États, mais également avec les citoyens. Le Sommet Women 7 (W7) est certainement la rencontre qui m’a le plus marquée. Les participants se sont penchés sur le futur du féminisme en demandant aux pays du G7 d’adopter un féminisme intersectionnel. Ils ont également parlé des changements climatiques en demandant des investissements de 100 milliards de dollars d’ici 2020.

Ainsi, plutôt que de travailler en silos, il s’est révélé efficace de combiner les efforts, comme pour amasser des milliards de dollars pour l’éducation des filles dans les pays en développement.

Avant même de clôturer cette école d’été, il était question de reprendre l’expérience l’année prochaine en France. Ce qui est certain, c’est que j’en suis ressortie avec une compréhension plus nuancée des rapports de forces, mais surtout des difficultés de négociations entre les puissances mondiales. Chaque État cherche à défendre ses propres intérêts qui ne sont pas toujours compatibles avec ceux des autres. Satisfaire leurs électeurs tout en collaborant avec d’autres pays, c’est comme marcher sur des œufs. Ajoutons à cela l’élément imprévisible qu’est le président Trump, et les chances de perdre l’équilibre sont immenses. Le premier ministre Trudeau y a goûté.