Métiers d’hiver : Métiers d’hiver

L’homme des glaces

Charles Mathon

Aucun bloc de glace ne lui résiste. Depuis 30 ans, Laurent Godon vit de sa passion : la sculpture sur glace. Un métier peu connu qui exige de nombreuses habiletés et une capacité à travailler dans des conditions parfois extrêmes. Quartier Libre l’a rencontré.



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Laurent Godon s’affaire à finaliser une des sculptures grandeur nature représentant un joueur de la Ligue nationale de hockey.
Photo : Joël Lemay

Debout depuis six heures du matin, Laurent Godon et son équipe installent des blocs de glace de 300 livres chacun sur la rue Crescent, à Montréal. Armés de scies électriques et d’autres outils ressemblant à des sableuses, ils s’affèrent ensuite à découper, à définir et à finaliser chacune des pièces, donnant peu à peu vie aux joueurs de hockey qui orneront la rue à l’occasion du 57e Match des étoiles. Malgré une fine couche de poussière de glace qui recouvre son visage, Laurent Godon ne se plaint pas, car il adore son métier.

Originaire de la ville de Saint-Jovite - aujourd’hui Mont-Tremblant - Laurent Godon pratique le métier de sculpteur sur glace depuis une trentaine d’années. Ayant commencé à tailler la glace dès son plus jeune âge, l’artiste en est venu à créer ses propres techniques et même à développer ses propres outils de travail au fil des années. « La sculpture sur glace n’a rien à voir avec le bois, ce n’est pas la même matière. Nous avons des scies mécaniques, des ciseaux spéciaux et d’autres outils qui sont différents selon la température », explique-il.

Pas le temps de chômer

Aujourd’hui, Laurent Godon est fier de réunir à ses côtés une équipe de huit sculpteurs, dont son fils, âgé de 20 ans, dans sa propre entreprise, Laurent Godon Inc., qui a acquis une renommée internationale. Et pour cause : au cours des 15 dernières années, Laurent Godon a remporté de nombreux prix et mentions lors de concours de sculpture sur glace au Canada et à l’étranger, notamment des médailles d’or en Chine (1993) et en Nouvelle-Zélande (1995). De plus, entre 1992 et 1996, il a figuré à titre de sculpteur le plus rapide au monde dans le livre des Records Guinness.

Contrairement à ce que plusieurs peuvent penser, sculpter la glace n’est pas un travail saisonnier. « On parvient même à travailler l’été », s’exclame Laurent Godon. « On gagne bien notre vie. En ce moment on fait des journées de 12 heures. » Il affirme d’ailleurs avoir reçu cette année des « milliers » de propositions. « Quand un client nous demande un thème, je m’arrange avec lui pour décider du produit final. Mais il n’y a pas de limite », avoue-t-il.

M. Godon a par ailleurs réalisé des commandes fort complexes et originales : « J’ai fait avec mon équipe la proue du Titanic. Cela nous a pris deux semaines. Nous avons taillé 2 500 blocs de glace. J’ai également sculpté un bateau grandeur nature sur lequel ont pu monter 200 personnes. »

Cette année encore, Laurent Godon prépare quelque chose de gros. Il s’anime d’ailleurs en décrivant l’évènement qu’il a mis plusieurs années à organiser. « Pour la Féerie des glaces à Mont-Tremblant, en février prochain, nous allons sculpter un bloc de cinq tonnes que nous allons retirer d’un lac », explique-t-il. Les festivités seront également accompagnées d’un concours international de sculpture sur glace qui réunira plus de 200 participants, qu’ils soient amateurs ou professionnels.

Travailler sous zéro

Malgré son enthousiasme, Laurent Godon avoue cependant que son métier dépend beaucoup des élans de Dame Nature : « Le plus dur dans ce métier, c’est vraiment le temps. Les conditions peuvent changer très vite. Heureusement, j’ai acquis de l’expérience pour arriver à faire avec. » Il affirme que les -30 °C qui se sont abattus sur le Québec au cours des dernières semaines ne sont pas forcément les meilleures conditions pour exercer son travail. « Ce ne sont pas les températures les plus froides qui donnent les conditions optimales pour sculpter. À -30 °C, la glace devient dure comme de la roche. À 0 °C, elle commence à fondre. La meilleure température, c’est -10 °C », explique-t-il.

Ces notions propres au métier de sculpteur de glace, Laurent Godon souhaite les transmettre. En effet, en plus des commandes que son entreprise reçoit de la part de villes, d’entreprises et de particuliers, Laurent Godon propose des formations à des groupes de personnes souhaitant découvrir cet art peu connu. Il caresse d’ailleurs le rêve de créer la première école de sculpture sur glace au Québec. Un projet qui, pour l’instant, reste sur la glace.

Répondre à cet article – 1 message

  • L’homme des glaces

    20 janvier 21:29, par monic

    allo tu fais toujour du beau travail, tes scultures sont magnifiques, quand je t vus la premiere fois c etait so nice je vais me souvenir toute ma vie de t avoir rencontré



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