Il faut se rendre à l’évidence : personne n’attendait, ni même ne réclamait, cette nouvelle offrande de Dylan. Un album de Noël, vraiment ? Une célébration de la fête la plus mercantile qui soit de la part du poète jadis si socialement engagé ? Oui ! Et la bizarrerie de l’exercice n’a d’égal que sa réalisation.
Si vous réussissez à surmonter le kitsch frigorifiant de la pochette, vous trouverez une sélection de 15 classiques du temps des fêtes entonnés par « His Bobness », dont : « Here Comes Santa Claus », « Winter Wonderland » et « I’ll Be Home For Christmas ». S’il n’y a strictement rien à redire de la sélection des pièces ni des arrangements, on ne peut que frissonner en entendant la livraison de Dylan (pensez à Tom Waits le lendemain du réveillon).
La crainte qu’une quinte de toux survienne à tout moment pour interrompre la pièce est insoutenable. L’écoute du disque suscite une inquiétude qui s’apparente étrangement à celle que l’on peut ressentir lorsque l’on aperçoit une petite vieille marcher sur un trottoir glissant par un froid matin de janvier. Peut-être est-ce là aussi la réussite finale de l’album : il nous fait prendre conscience du côté précaire et fragile de notre existence.