Vélos en libre-service

Valérie Simard


Pédale douce

En 2005, l’Université de Montréal (UdeM) lançait ses vélos libre-service. Alors que l’été s’achève et que les bicyclettes vont bientôt retrouver leurs quartiers d’hiver, Quartier Libre a voulu savoir si l’initiative est concluante.

Valérie SIMARD


Le principe est simple. Il suffit de se présenter à l’un des trois pavillons où est offert le service, soit Marie-Victorin, Roger-Gaudry et 3200, Jean-Brillant. En échange de la carte d’étudiant, un vélo est gratuitement remis. Il est alors possible de pédaler n’importe où, à condition de le rapporter à la fin de la journée. Chose qui est généralement respectée. « Une fois, au bout de quatre jours, nous avons dû appeler quelqu’un qui avait oublié de rapporter le vélo ! », raconte un employé de la Direction des immeubles (DI) qui souligne que cette personne était alors officier du Bureau exécutif de la FAÉCUM.

L’an dernier, près de 600 emprunts ont été réalisés. « La moyenne est d’un peu plus d’un prêt par jour, pour chacun des sept vélos, note M. Meilleur. La durée moyenne des prêts est de deux heures. » Sept vélos pour 55 800 étudiants et 10 900 employés, cela semble bien peu. Or, même pendant les mois de septembre et octobre, soit les mois les plus achalandés, il est très rare qu’il n’y ait plus de bicyclettes disponibles.

Le service fonctionne depuis juin 2005. Il a été créé par la Direction des immeubles de l’Université, en collaboration avec l’organisme de gestion des déplacements Voyagez Futé. Le démarrage a été plutôt lent. La première année, environ 300 prêts ont été enregistrés. « Le service a débuté en juin alors que, depuis 2006, il est disponible d’avril à octobre », précise Alain Meilleur, qui a piloté le projet, avec Suzanne Deguire de la DI.


Alain Meilleur soutient que les résultats répondent quand même aux attentes qu’il s’était fixées. « Il s’agit avant tout d’un service d’appoint. Si toutefois la demande était plus grande, nous pourrions en ajouter plus et en mettre dans d’autres pavillons. »

Pistes cyclables

Les vélos libre-service sont méconnus des étudiants et du personnel, déplore Alain Meilleur. L’absence de pistes cyclables aux abords du campus n’aide pas non plus, selon lui, à convaincre les étudiants et les employés d’enfourcher un vélo.

La FAÉCUM a d’ailleurs formulé une demande à la Ville de Montréal à ce sujet. Dans un mémoire déposé dans le cadre des audiences de la Commission sur la mise en valeur du territoire, l’aménagement urbain et le transport collectif, la Fédération recommande le développement de liens cyclables, entre l’Université et les quartiers résidentiels de l’est (Villeray, Rosemont, Plateau Mont-Royal), puis entre l’Université et le sud-ouest de la ville. « La piste cyclable la plus proche de l’Université est vraiment très loin, affirme le coordonnateur aux affaires universitaires de la FAÉCUM, Vincent Ranger. L’Université de Montréal est le parent pauvre des universités montréalaises en matière de pistes cyclables. »

Selon lui, l’aménagement de pistes ou de bandes cyclables autour de l’établissement contribuerait grandement à accroître le nombre de cyclistes. Selon un sondage réalisé en 2006 par l’Association pour la santé étudiante au Québec auprès de 758 répondants, seulement 5,1 % des étudiants de l’UdeM utilisent leur vélo pour se rendre à l’école.

Vincent Ranger et Alain Meilleur reconnaissent que la situation géographique de l’institution n’aide pas. Mais, on peut difficilement déplacer une montagne.


Photo : Valérie Simard

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