« Consultation populaire » à l’UdeM

Stéphane Waffo

Veille de campagne

Tout comme les Québécois, les étudiants de l’Université de Montréal ont droit de façon régulière à un référendum sur leur avenir. Entre le 5 et le 15 novembre prochain, la Fédération des associations étudiantes de l’UdeM (FAÉCUM) lance une grande consultation populaire auprès de ses 33 000 membres. État des préparatifs.

Stéphane WAFFO


La campagne référendaire commencera le 29 octobre prochain et s’étendra jusqu’au 15 novembre. « C’est une consultation référendaire que la FAÉCUM organise habituellement tous les cinq ans pour tester les désirs des étudiants », explique Julie Bouchard, secrétaire générale de la fédération étudiante. Bien que l’organe décisionnel et politique de la FAÉCUM soit le congrès annuel, une telle démarche viserait à aller sonder « l’opinion des individus ».

Étienne Marcotte, étudiant au doctorat en philosophie, était présent en 2001 lors de la dernière campagne référendaire. Il agissait alors comme responsable d’un bureau de vote. Selon lui, « le gros défi [d’une campagne] est de trouver des bénévoles pendant toute la période », puisqu’il « faut compter deux scrutateurs par bureau de vote en permanence, du matin au soir, de l’ouverture à la fermeture ». Pour la prochaine campagne, la Fédération est déjà à la recherche de bénévoles. Bien que le recrutement soit sur une bonne voie, on recherche toujours des intéressés, qui ont jusqu’au 25 octobre pour s’inscrire.

Déroulement

Pour le référendum, « c’est un comité du Conseil central composé de quatre personnes élues qui statuent sur les questions soumises », explique Julie Bouchard. Ce comité doit choisir le nombre, la forme et le libellé des questions afin de les rendre les plus claires possible. En général il s’agit de questions assez variées concernant directement les étudiants. (Voir encadré ci-dessous)

Une fois les questions choisies, un courriel explicatif sera envoyé à tous les étudiants et la campagne devrait alors battre son plein. Pendant une semaine, les étudiants seront sensibilisés aux problématiques abordées. Pour chaque question, deux sous-comités, ouverts à tous les étudiants, peuvent êtres créés : « Un en faveur de la question et un autre en sa défaveur », explique Mme Bouchard. Ensuite, ces comités ont une semaine pour faire la promotion de leur position. Finalement, le scrutin s’étale sur dix jours, dans plus de 25 pôles de votes installés sur tout le campus, y compris sur celui de Sainte Hyacinthe. Le vendredi, lors de la dernière journée de vote, on procède au dépouillement. Alors, le Conseil central de la FAÉCUM peut entériner les résultats puis les rendre publics.

À l’ordre du jour


Le dossier de la halte-garderie Le Baluchon constitue un des dossiers pour lesquels le Bureau exécutif de la Fédération souhaiterait ardemment connaître l’opinion de la communauté étudiante. Julie Bouchard pense que, dans le futur, il faudra « déménager » ce service. Selon elle, « c’est un peu loin du campus, il n’y a pas de stationnement proche et on gagnerait pour les étudiants parents à ce que cette garderie prenne de l’expansion ». Elle explique aussi qu’avec plus de moyens, le service engagerait davantage d’éducatrices et d’éducateurs, ce qui devrait permettre d’augmenter le nombre de places disponibles.

Étienne Marcotte pense que la question de la souveraineté du Québec pourrait également être à l’ordre du jour, « puisque ça reste quand même un enjeu important au Québec », précise le doctorant en philosophie. La question était déjà présente aux référendums de 2001, 1997 et 1994. En 2001, rappelle Julie Bouchard, « la FAÉCUM n’a pas vu sa position favorable à la souveraineté renouvelée ; du moins, elle n’a pas eu le mandat d’en faire la promotion ».

Mais comme le rappelle Étienne Marcotte, une volonté forte de ne pas intervenir dans les différents débats anime la FAÉCUM. Selon lui, c’est d’ailleurs peut-être une raison du faible taux de participation – 25 % au référendum de 2001 – et du manque d’intérêt des étudiants : « Généralement, [la FAÉCUM] n’est pas partisane, étant donné que pour plusieurs questions, il n’y a pas eu de comité qui s’est formé ou ce sont des comités trop peu actifs », ce qui n’a pas aidé à la publicité ou à alimenter le débat, rajoute Étienne Marcotte.

L’Université de Montréal, soulignant l’indépendance de la fédération étudiante sur ses décisions, n’a pas souhaité s’exprimer sur le prochain référendum ni sur les consultations antérieures.



Résultats du référendum de 2001
6 465 étudiants ont voté, sur un total de près de 26 000. Sept questions avaient été posées.
1. Acceptez-vous que la cotisation de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) passe à 4 $ par session, et ce, à compter de la session d'automne 2001 ?
Oui 42,94 %, non 57,06 %

2. Acceptez-vous que la cotisation automatique non obligatoire à la radio des étudiant(e)s de l'Université (CISM 89,3 FM) passe à 2,50 $ par session à compter de la session d'automne 2001 ?
Oui 44,18 %, non 55,82 %

3. Quelle position constitutionnelle privilégiez-vous?
Fédéralisme 39,13 %, souveraineté 60,87 %

4. Accordez-vous à la FAÉCUM le mandat de promouvoir cette position constitutionnelle ?
Oui 47,48 %, non 52,52 %

5. Souhaitez-vous que la FAÉCUM, en collaboration avec ses partenaires, mette sur pied un projet pilote de halte-garderie ?
Oui 89,51 %, non 10,49 %

6. Acceptez-vous que soit instituée une cotisation automatique non obligatoire temporaire (2 ans) de 0,25 $ par session afin de financer ce projet pilote ?
Oui 83,05 %, non 16,95 %

7. Souhaitez-vous que le processus d'évaluation de l'enseignement soit formellement lié à des mesures concrètes d'amélioration de la qualité de l'enseignement ?
Oui 96,26 %, non 3,74 %


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