Line Beauchamp

Marie-Michèle Giguère

Le thème de l’éducation s’est rapidement imposé dans la campagne électorale provinciale. Quartier Libre propose un tour d’horizon des partis politiques et, plus particulièrement, de leurs positions sur cet enjeu. Cette semaine, le Parti libéral et le Parti québécois.

Chapeau : Ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp est actuellement la présidente de la campagne électorale du Parti libéral du Québec. Pour elle, les enjeux – notamment démographiques – auxquels fera bientôt face la province exigent des choix clairs.

Propos recueillis par Marie-Michèle GIGUÈRE

Quartier Libre : Vous êtes la présidente de la campagne électorale pour le Parti libéral du Québec. En quoi cela consiste-t-il?

Line Beauchamp : Je suis étroitement associée à la stratégie de campagne depuis septembre dernier, où le premier ministre m’a invitée à jouer ce rôle. Cela signifie non seulement que je travaille de très près avec toute l’équipe de députés, de ministres et de candidats, mais aussi que je dois être à l’écoute des commentaires des militants et des candidats. Bref, j’ai un rôle de porte-parole. C’est la première fois que ce rôle est attribué à une femme [au sein du Parti libéral du Québec]. Jean Charest accorde beaucoup d’attention à la place des femmes [en politique]. Au moment où l’on se parle, 44 des candidats sont des femmes, ce qui représente plus du tiers des candidats.

Q. L : Votre parti affirme que l’éducation constituerait l’une de ses six priorités si un second mandat lui était accordé. Puisque c’est un domaine vaste, qu’est-ce qui devrait d’abord être fait ?

L. B. : La première des choses qui devait être faite, c’est de s’assurer que le milieu de l’éducation a les bons budgets. Sous le gouvernement du Parti québécois, les coûts du système n’étaient même pas couverts. Nous, le signal qu’on envoie, c’est que l’éducation post-secondaire, c’est vraiment un élément clé pour le Québec de demain. Il faut être capable de parler d’innovation, de création. Mais nous voulons aussi apporter une attention particulière à l’enseignement primaire afin que les enfants prennent goût à la réussite dès les premières années d’école.

Q. L. : En ce qui a trait à la contribution étudiante au financement des universités, la position de votre parti, qui propose d’augmenter les frais de scolarité à l’université à raison de 100 $ par année sur une période de 5 ans, a suscité de nombreuses réactions au sein de plusieurs organisations étudiantes, qui se promettent de manifester leur désaccord.

L. B. : Pour nous, une élection, c’est un temps de débats d’idées à l’échelle du Québec. On respecte tout à fait leurs idées et on croit que ça fait partie du débat. De notre côté, on est très à l’aise de défendre ce point de vue : au moment où l’on se parle, la contribution des étudiants au financement des universités est de 6%. Avec le modèle que nous présentons, leur contribution sera aussi de 6% dans 5 ans, ce qui nous apparaît responsable et raisonnable.

Q. L. : Selon vous, de quoi devrait-il être question au cours des prochaines semaines?

L. B. : Il faut parler des priorités des Québécois. Notamment un système public de santé – dans lequel le privé peut trouver sa place, mais un système public – qui puisse garantir la qualité des soins. Il faut donner un appui aux jeunes, aux jeunes couples notamment, afin qu’ils se sentent à l’aise de fonder une famille. Le slogan de notre campagne résume bien notre pensée : On croit vraiment qu’il faille s’unir, parce qu’on est appelé à vivre de grands changements, notamment démographiques. En 2012, il y aura moins de personnes sur le marché du travail qu’en dehors du marché du travail. Je plaide donc pour que l’on prenne les bonnes décisions afin d’être prêt en 2012. Il faut notamment créer des richesses. Je suis profondément convaincue qu’il n’est pas pertinent que l’appareil politique soit accaparé par un débat référendaire alors qu’il faut penser au Québec de 2012.


À propos de nous | Nous contacter | Participer | Publicité | Partenaires | Archives